Aida Seif al-Dawla, cofondatrice du Centre Al-Nadeem pour la réhabilitation des victimes de violence, a été ordonnée remise en liberté dimanche après avoir été interrogée par le parquet de la Sécurité d'État pour des accusations de «diffusion de fausses nouvelles dans le but de perturber la sécurité et la paix publiques», selon l'avocat Haytham Mohamadeen. La caution a été fixée à 100 000 LE. Des groupes de défense des droits humains ont qualifié cette convocation de partie d'une escalade systématique contre les défenseurs des droits, les politiciens et les journalistes.
Mercredi, Seif al-Dawla a annoncé que le parquet de la Sécurité d'État l'avait convoquée pour un interrogatoire dans l'affaire 09/2026 sans préciser les charges. La séance a duré trois heures, au cours desquelles elle a été interrogée sur la publication par le Centre Al-Nadeem d'un rapport sur «harcèlement et torture dans les lieux de détention» paru plus tôt ce mois-ci. Elle a également été interrogée sur d'autres publications du centre concernant les victimes de torture. nnLe rapport documente 188 cas tirés de reportages médiatiques et d'appels provenant de centres de détention, en se concentrant sur les tortures et harcèlements dans le secteur 2 de la prison de Badr 3, qualifié de «trou noir». Il dépeint également les autorités judiciaires, qui devraient servir de refuge aux citoyens, comme les perturbant parfois.nnUne coalition d'organisations de défense des droits humains a publié un communiqué qualifiant cette convocation de partie d'une escalade contre les défenseurs des droits humains, les politiciens et les journalistes. Elles ont mis en lumière des cas récents similaires, dont l'arrestation et l'enquête de l'activiste politique Ahmed Douma, ainsi que des convocations en 2025 pour le directeur exécutif de l'Egyptian Initiative for Personal Rights Hossam Bahgat, la rédactrice en chef de Mada Masr Lina Attalah, l'avocate et militante Mahienour al-Massry, et l'écrivain et politicien Ammar Ali Hassan.nnLes groupes ont critiqué les montants des cautions comme relevant «d'une nouvelle forme de punition indirecte et d'appauvrissement financier». Le communiqué note : «La caution est à l'origine une procédure légale exceptionnelle visant à assurer la présence de l'accusé aux séances d'enquête ou de jugement, et ne doit pas servir de moyen de punition ou de dissuasion. »nnDe telles convocations comportent souvent des accusations vagues telles que «diffusion de fausses nouvelles, appartenance à un groupe terroriste et usage abusif des réseaux sociaux», avec des cautions comprises entre 100 000 LE et 120 000 LE.