Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le président français Emmanuel Macron a défendu l'Europe contre les critiques, un an après le discours virulent de J. D. Vance. Il a exhorté les Européens à surmonter leur timidité et à renforcer leur rôle géopolitique. Le contexte inclut les incertitudes transatlantiques et la guerre en Ukraine.
Le 13 février, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité en Bavière, Emmanuel Macron a prononcé un discours appelant les Européens à plus de confiance en eux. « Nous sommes trop timides. (…) C’est terrible pour nous de ne pas croire en nous-mêmes. Tout le monde devrait s’inspirer de nous au lieu de nous critiquer sans cesse et d’essayer de nous diviser », a-t-il déclaré.
Un an après l'intervention de J. D. Vance, vice-président américain, qui avait critiqué l'Europe en affirmant que la menace principale n'était « ni la Russie ni la Chine », mais « le renoncement à certaines de ses valeurs les plus fondamentales », Macron a fustigé les caricatures de l'Europe. Celle-ci a été décrite comme une construction « vieillissante, lente et fragmentée », une économie « surréglementée et apathique », ou une société « en proie à des migrations barbares ». Il a aussi évoqué des accusations de répression de la parole libre.
Macron a insisté sur la force intrinsèque de l'Europe, qui doit devenir « une puissance géopolitique » malgré que cela ne soit « pas dans son ADN ». À son arrivée, il a reconnu les incertitudes dans la relation avec les États-Unis, plus d'un an après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, appelant à clarifier les positions mutuelles.
Sur l'Ukraine, il a plaidé pour l'association des Européens aux négociations et le rétablissement d'un « canal de communication transparent avec la Russie ». Pour être en position de force, l'Europe doit développer sa « boîte à outils » de défense, notamment en systèmes de « frappes de précision » en profondeur.
Avant lui, le chancelier allemand Friedrich Merz a averti que « notre liberté n’est plus acquise » à l'ère des grandes puissances, appelant à des « sacrifices, pas un jour, mais maintenant ». Il a reconnu un fossé transatlantique, validant partiellement les propos de Vance, mais soulignant que même les États-Unis ne peuvent agir seuls. Les débats portent sur l'effritement de l'ordre international, la guerre en Ukraine, la dissuasion nucléaire et d'autres enjeux comme le Groenland.