Des militants pour les droits des animaux ont protesté devant le défilé Giorgio Armani lors de la Milan Fashion Week, réclamant une interdiction totale des marques utilisant de la fourrure. La manifestation fait partie d'une série organisée par la Coalition to Abolish the Fur Trade pour faire pression sur les organisateurs de l'événement. Bien que certaines grandes marques aient renoncé à la fourrure, des récalcitrants comme Fendi continuent de l'utiliser dans leurs collections.
Des dizaines de manifestants se sont rassemblés dimanche devant le défilé Giorgio Armani lors de la Milan Fashion Week, réclamant que l'événement adopte une politique totalement sans fourrure. Les militants, organisés sous la Coalition to Abolish the Fur Trade (CAFT), se sont postés derrière une barrière avec une grande banderole indiquant «Milan Fashion Week Go Fur-Free». Ils ont utilisé un mégaphone pour crier «Honte à vous pour ce que vous faites !» alors que les invités quittaient les lieux. Bien que le groupe Armani soit sans fourrure depuis une décennie, les militants espèrent que l'entreprise de luxe puisse influencer la Chambre nationale de la mode italienne (CNMI), qui organise l'événement, pour exclure les marques utilisant de la fourrure. Cette manifestation de dimanche a suivi des protestations antérieures, dont une mercredi devant le siège de Fendi à Milan, où a eu lieu son défilé. Chez Fendi, la nouvelle designer Maria Grazia Chiuri a présenté une collection mettant en scène des fourrures «remodelées», retravaillées à partir de peaux anciennes. Fendi, propriété du conglomérat français LVMH et connue pour ses racines fourrure, reste un récalcitrant notable. Son PDG, Pierre-Emmanuel Angeloglou, siège au conseil de la CNMI aux côtés de marques anti-fourrure comme Dolce & Gabbana, Prada et Ermenegildo Zegna. Alberto Bianchi, un organisateur de manifestations de 25 ans, a déclaré à l'AFP : «Ce ne sera pas Fendi qui nous aidera à atteindre notre objectif, car ils n'ont aucun intérêt à faire avancer cette question, mais d'autres marques pourraient contribuer». Sur la collection Fendi, Bianchi a noté que l'accent sur le recyclage pourrait être vu comme «un pas en avant», mais l'a qualifié de «greenwashing potentiel», ajoutant : «Tant que nous avons encore des élevages de fourrure en Europe et la possibilité de l'importer, c'est un geste qui ne change pas l'idée sous-jacente». L'utilisation de la fourrure dans l'industrie de la mode mondiale a chuté de manière spectaculaire ces dernières années en raison des préoccupations sur la cruauté envers les animaux, des changements de tendances et des alternatives synthétiques. Les Fashion Weeks de Londres et New York ont interdit la fourrure, tout comme des événements plus petits à Berlin, Copenhague et Amsterdam. La CNMI n'a pas répondu à une demande de commentaire de l'AFP. Les militants ont récemment remporté une victoire lorsque la pression a conduit le géant du transport DHL et la société de cosmétiques Wella à se retirer en tant que sponsors fin janvier. Plus tard ce mois-ci, la Commission européenne devrait se prononcer sur une initiative citoyenne de 2023 visant à interdire les élevages de fourrure et l'abattage d'animaux comme les visons, renards, chiens viverrins et chinchillas pour leurs peaux. Les militants soulignent la cruauté des élevages de fourrure, où les animaux sont gardés dans de minuscules cages en fil de fer avant d'être gazés ou électrocutés. La Milan Fashion Week se termine lundi, l'attention se tournant vers la Paris Fashion Week, qui manque également d'une politique anti-fourrure.