La Commission européenne prévoit que l’Espagne risque de dépasser la croissance maximale recommandée des dépenses nettes en 2026, bien que l’écart projeté reste dans les marges autorisées par les règles fiscales de l’UE. Malgré cet avertissement, l’institution conclut que le pays est prêt à sortir du programme de surveillance financière issu du plan de sauvetage de 2012. L’analyse s’appuie sur des prévisions macroéconomiques, le gouvernement espagnol n’ayant pas encore soumis son projet de budget.
Le paquet budgétaire automnal de l’UE évalue annuellement le respect par les États membres des règles communautaires sur les dépenses, le déficit et la dette. Dans cet examen, une vingtaine de pays, dont la France et l’Allemagne, ont été conformes, tandis que six, comme l’Espagne, la Croatie, la Lituanie, la Bulgarie, la Hongrie et la Slovénie, présentent un risque de non-conformité sur la base de leurs projets de budget. Les Pays-Bas et Malte présentent un risque significatif.
L’Espagne suit un plan d’ajustement budgétaire de sept ans convenu avec Bruxelles, axé sur les dépenses nettes, qui excluent les composantes cycliques ou exceptionnelles comme les versements DANA en Valence. Le plan prévoit une augmentation des dépenses nettes de 3,7 % cette année et de 3,5 % en 2026. Cependant, les projections de la Commission montrent un écart : la croissance en 2026 dépassera la limite, mais de moins de 0,3 % par an et 0,6 % du PIB accumulé. « Il est projeté que la croissance des dépenses nettes en 2026 dépassera la limite maximale recommandée par le Conseil, mais l’écart est inférieur à 0,3 % (annuel) et 0,6 % du PIB (accumulé) », indique le document européen.
Les calculs s’appuient sur les dépenses exécutées et des prévisions macroéconomiques, estimant une augmentation de 30 milliards d’euros en 2025, soit 5 milliards de plus que convenu, équivalent à 0,28 dixième de PIB. Des facteurs comme les dépenses de défense et de pensions expliquent cette hausse. L’Espagne n’a pas demandé l’exception défense réclamée par 16 pays, permettant aux dépenses de sécurité d’atteindre 1,5 % du PIB (650 milliards d’euros au total pour l’UE), ouverte par Ursula von der Leyen.
La marge est faible, et la Commission examinera le projet de budget que présentera María Jesús Montero en février. Sans mesures pour augmenter les recettes, une procédure pour déficit excessif pourrait s’ouvrir. Néanmoins, un solde positif en 2024 offre une marge de manœuvre.
Positivement, la Commission indique que l’Espagne peut sortir du programme de surveillance du plan de sauvetage bancaire de 2012. En décembre, elle remboursera 4,6 milliards au MES, portant le remboursement à 75 % des 41,3 milliards reçus. Ce serait le premier pays à le faire, après des visites d’évaluation de la BCE et de la Commission.