Le commandant des Forces armées soudanaises Abdel Fattah al-Burhan a rejeté la dernière proposition de cessez-le-feu du Quad, préférant une relance de l’accord de Djeddah de 2023 comme base des pourparlers. Il exige que les Forces de soutien rapide se retirent des zones occupées après mai 2023. Cette position intervient au milieu des efforts de médiation internationale et des escalades militaires en cours.
Dans un discours adressé à des commandants supérieurs à Khartoum le 23 novembre, Abdel Fattah al-Burhan a qualifié la proposition du Quad, menée par le conseiller senior américain Massad Boulos, de « pire » des trois projets. Il a déclaré qu’elle « ne reconnaît pas les forces armées, ni ne reflète la réponse du gouvernement », et qu’elle appelle à dissoudre les agences de sécurité tout en maintenant les Forces de soutien rapide en place. Burhan a accusé Boulos de parler au nom des RSF et des Émirats arabes unis, insistant sur le fait que les RSF ne feraient pas partie des futurs arrangements et que l’armée est déterminée à reprendre les zones saisies.
Burhan a réaffirmé la feuille de route du gouvernement ancrée dans l’accord de Djeddah de mai 2023, exigeant le désarmement des RSF, le retrait des zones occupées après les pourparlers et le retour dans des camps militaires désignés. Ce discours a eu lieu quelques jours après que le président américain Donald Trump ait déclaré que le prince héritier saoudien Mohamed bin Salman lui avait demandé d’intervenir, à la suite d’un long appel de Burhan via une source du Conseil souverain de transition.
Un responsable égyptien a déclaré que l’invocation de l’accord de Djeddah reflète une position politique de l’establishment militaire visant à éliminer les RSF. Lors d’une conférence de presse conjointe, Boulos a qualifié les préconditions militaires d’« impossibles » compte tenu des réalités sur le terrain. Le commandant des RSF Mohamed Hamdan « Hemedti » Dagalo a annoncé un cessez-le-feu humanitaire de trois mois, mais ses forces ont lancé une offensive majeure sur Babanusa quelques heures plus tard.
Malgré la division de facto du Soudan, des sources égyptiennes et soudanaises considèrent cette approche comme offrant à Burhan une marge de manœuvre pour apaiser les durs de sa coalition, tout en reconnaissant que l’Arabie saoudite pourrait diriger les pourparlers en dehors du cadre du Quad.