Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 fait face à une opposition massive à l'Assemblée nationale. Sébastien Lecornu, premier ministre, refuse d'augmenter la CSG sur le patrimoine pour épargner les petits épargnants, tandis qu'Édouard Philippe et d'autres partis rejettent le texte. Les débats risquent de mener à une impasse politique.
À l'Assemblée nationale, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 est dans une impasse. Honni par le Rassemblement national (RN) et une large majorité de la gauche, rejeté par Les Républicains (LR) et Horizons, le texte suscite des tensions vives depuis mardi. Édouard Philippe, chef d'Horizons et ancien premier ministre, a annoncé que ses députés s'abstiendraient ou voteraient contre, déclarant qu'il est « impossible de voter pour » le PLFSS en l'état.
Un ministre s'alarme : « Ça sent très mauvais, c’est mission impossible ». Un député socialiste, déprimé, ajoute : « C’est chaud… Si même Horizons n’est pas foutu de voter pour, alors qu’ils sont au gouvernement, je ne vois pas comment nous allons, nous, pouvoir soutenir ce texte ». Le Sénat a retiré la suspension de la réforme des retraites et toutes les taxes votées auparavant.
Mercredi 3 décembre, Sébastien Lecornu a déclaré en séance : « le gouvernement ne souhaite pas que les petits épargnants soient touchés [par une hausse] de la CSG [contribution sociale généralisée] du patrimoine ». Les socialistes avaient adopté cette mesure en première lecture, rapportant 2,8 milliards d'euros pour financer des dépenses, dont potentiellement la suspension de la réforme des retraites, mais le Sénat l'a rejetée. Laurent Wauquiez, chef des députés LR, refuse tout budget avec augmentations d'impôts : « Un budget dans lequel il y a des augmentations d’impôts (…) je ne le voterai pas ».
Boris Vallaud, président des députés PS, défend la hausse : « Augmenter la CSG sur les revenus du capital, c’est mettre à contribution le patrimoine plutôt que le travail pour épargner les retraités, les malades, les personnes en situation de handicap ». Jérôme Guedj renchérit : « Ramener le déficit à 20 milliards d’euros [l’objectif du gouvernement], sans mesure de recettes comme la CSG, je ne vois pas comment ils font ». Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, évoque une piste alternative : geler la revalorisation des retraites au-dessus de 1 400 euros, comme voté au Sénat.
Lecornu réitère son renoncement au 49.3, appelant à un « PLFSS de compromis et de transition ». Les députés doivent voter sur la partie « recettes » potentiellement dès jeudi, avant le 9 décembre.