Dans un rapport présenté ce lundi 3 novembre, la Cour des comptes met en garde contre un risque élevé de dégradation plus importante que prévu des comptes sociaux en 2026. Le déficit de la Sécurité sociale s'élève à 23 milliards d'euros en 2025, bien au-delà des prévisions. L'examen du projet de loi de financement pour 2026 commence cette semaine au Parlement.
La Cour des comptes a remis, ce lundi 3 novembre, un rapport critique aux commissions des affaires sociales du Parlement sur les finances des organismes sociaux. Alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 est examiné à partir du 4 novembre à l'Assemblée nationale, les Sages de la rue Cambon soulignent un début de redressement fragile. « Le redressement est important mais il est fragile voire hypothétique car il est exposé à de très fortes incertitudes », a déclaré Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes.
Le déficit des comptes sociaux en 2025 atteint 23 milliards d'euros, soit 7,7 milliards de plus qu'en 2024, où il avait déjà augmenté de 4,5 milliards. En deux ans, il aura plus que doublé, sans récession économique ni crise sanitaire pour l'expliquer. La Cour critique les prévisions de recettes trop optimistes pour 2025, pour la troisième année consécutive. L'Assurance-maladie présente le déséquilibre le plus marqué, avec un trou de 17,2 milliards d'euros, tandis que la branche vieillesse est dans le rouge dans des proportions trois fois moindres.
La haute juridiction estime que les mesures du PLFSS 2026 pourraient amorcer un début de redressement, mais leur mise en œuvre nécessite un consensus politique qui n'est pas établi. Cela rend très hypothétique l'amélioration recherchée, plaçant les députés devant leurs responsabilités lors des débats à venir.