Le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernández de Cossío, a démenti que La Havane cherche des intermédiaires comme le Mexique pour des négociations avec les États-Unis, malgré une volonté de dialogue bilatéral. Cela contraste avec les affirmations du président Donald Trump sur des pourparlers en cours. Le Mexique a réitéré sa disponibilité à médiatiser si demandé par les deux parties, tout en annonçant une aide humanitaire à l'île au milieu de sa crise énergétique.
Le 3 février 2026, le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernández de Cossío, a rejeté dans une interview à EFE l'idée que La Havane conçoive conjointement une table de négociation avec les États-Unis. «Il serait erroné de dire qu'une négociation bilatérale est en cours de conception car ce dialogue n'a pas commencé», a-t-il déclaré. Depuis la capture de Nicolás Maduro par les États-Unis le 3 janvier, Cuba et Washington ont échangé des messages, mais De Cossío a souligné l'absence de contacts indirects via des intermédiaires comme le Mexique ou le Vatican. Ses remarques contrastent avec les déclarations récentes de Donald Trump, qui a assuré que son administration mène des négociations de haut niveau avec le gouvernement cubain. De Cossío a insisté sur le fait que Cuba détient le «droit légal et moral» contre le blocus pétrolier et est prêt au dialogue, à condition qu'il s'agisse d'un processus «sérieux, constructif, responsable et respectueux de l'égalité souveraine». Le diplomate a esquissé des sujets possibles, excluant les réformes politiques ou économiques, les comparant à des discussions sur la Constitution américaine ou des rafles de migrants dans des villes comme Minneapolis. Sur les prisonniers politiques, il a été ferme : «Nous ne voyons aucune raison, aucun lien entre une question (blocus pétrolier) et l'autre (prisonniers). Nous n'avons pas l'intention d'en discuter.» Au Mexique, la présidente Claudia Sheinbaum, lors de sa conférence de presse du 3 février, a réitéré la disponibilité de son pays à médiatiser. «Cela dépend de Cuba et des États-Unis (...). Le Mexique a toujours mis la table pour aborder tout conflit en ligne avec les principes de souveraineté et de dialogue», a-t-elle dit. Le Mexique a suspendu les livraisons de pétrole à Cuba — moins de 1% de la production de Pemex — pour éviter les tarifs de Trump, mais a annoncé cette semaine un nouveau paquet d'aide humanitaire adapté aux besoins de l'île. Cuba fait face à une crise énergétique s'aggravant : pannes affectant jusqu'à 63% du territoire, dues à des pannes dans des centrales obsolètes et à un manque de devises étrangères depuis 2024, intensifié par la perte de pétrole vénézuélien après la capture de Maduro. De Cossío a reconnu des options limitées et annoncé un plan de contingence et de réorganisation «très difficile» pour la population. Dans la politique mexicaine, le président du PRI, Alejandro Moreno, a critiqué le soutien de Morena à Cuba, qualifiant ses leaders de «communistes caviar» et se moquant de leurs prétendus luxes malgré leur soutien à la «dictature». Cela répond à une vidéo partagée par Luisa Alcalde présentant des déclarations d'Andrés Manuel López Obrador, qui a loué le peuple cubain comme «patrimoine de l'humanité» pour sa résistance au blocus américain.