Le Premier ministre Mostafa Madbuly a nommé l'ancien président du Service d'information de l'État, Salah Eddin Abdel Sadeq, pour diriger le Comité permanent des affaires des réfugiés, le nouvel organe étatique chargé d'examiner les demandes d'asile en vertu de la récente loi égyptienne. Cette nomination intervient avant la publication des décrets d'application, au milieu de campagnes de sécurité en cours ayant conduit à l'arrestation et à l'expulsion de milliers de réfugiés. Des groupes de défense des droits ont critiqué la loi pour son manque de consultation.
Le Premier ministre Mostafa Madbuly a émis une décision nommant Salah Eddin Abdel Sadeq, qui a dirigé le Service d'information de l'État de 2013 à 2016, pour présider le Comité permanent des affaires des réfugiés pendant quatre ans. La décision a été publiée au Journal officiel le 16 février. Ce comité, créé en vertu de la nouvelle loi sur l'asile ratifiée par le président Abdel Fatah al-Sisi en décembre 2024, examinera pour la première fois les demandes d'asile – un rôle auparavant assumé par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).La nomination a eu lieu sans annonce des autres membres ni des mécanismes opérationnels, et après des retards dépassant les délais fixés par la loi, qui exige la formation du comité dans les trois mois et la publication des décrets d'application dans les six mois. Des sources dans le domaine du droit et de l'administration de l'immigration l'ont qualifiée d'étape partielle qui ne clarifie pas pleinement le statut de la loi. Elle a suivi des discussions avec des représentants du HCR sur les projets de décrets d'application, bien que le gouvernement n'ait pas partagé de copie.Parallèlement, l'Égypte mène une campagne de sécurité en cours qui a conduit à l'arrestation, la détention et l'expulsion de 5 000 à 10 000 personnes, selon des estimations d'avocats, tandis qu'une source proche du HCR évalue le chiffre à environ 3 000, dont la moitié sont des Syriens. Cette source a exprimé son inquiétude face au soutien inconditionnel de l'Union européenne à la gestion des réfugiés par l'Égypte, sans exercer de pression pour des améliorations par la suspension de l'aide.Dans une déclaration officielle, le HCR a confirmé sa connaissance des détentions en augmentation et ses contacts continus avec les autorités égyptiennes pour garantir le respect de la procédure légale et la protection. L'agence a reçu des assurances que les demandeurs d'asile et réfugiés enregistrés seront libérés conformément au droit international. L'avocat Ahmed Mamdouh, spécialiste des affaires de réfugiés, a indiqué avoir assisté à des interrogatoires quotidiens impliquant des dizaines de réfugiés au cours des deux derniers mois, qualifiant cette campagne de la plus longue et la plus intense en cinq ans, avec des détentions même pour ceux détenant des cartes du HCR, des permis de séjour valides ou des passeports. Il a noté que la peur a confiné de nombreux réfugiés chez eux et les a empêchés de travailler, ce qu'il qualifie de « déportation déguisée ».