L'Égypte intensifie son offensive diplomatique alors que l'armée soudanaise avance sur plusieurs fronts

L'Égypte a intensifié son engagement diplomatique concernant le Soudan alors que l'armée soudanaise continue de progresser sur le champ de bataille. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a eu un appel téléphonique lundi avec le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohieldin Salem, pour discuter des résultats de sa récente visite à Port-Soudan et des moyens de soutenir les efforts visant à parvenir à un règlement global du conflit en escalade.

Abdelatty a réaffirmé l'engagement de longue date du Caire envers l'unité du Soudan, son intégrité territoriale et la préservation de ses institutions nationales. Il a réitéré le rejet de l'Égypte de toute tentative de diviser le pays ou de saper sa stabilité et a condamné les « atroces exactions » signalées à El-Fasher ces dernières semaines. Le ministre a exprimé la pleine solidarité de l'Égypte avec le peuple soudanais et a exprimé son soutien au « Gouvernement de l'Espoir » dirigé par Kamal Idris.

Abdelatty a souligné l'urgence d'activer une voie humanitaire efficace qui garantisse une livraison d'aide sans entrave, appelant à une coopération renforcée avec les Nations Unies, l'Union africaine et les principales agences de secours. Il a exhorté à intensifier les efforts régionaux et internationaux pour obtenir un cessez-le-feu global et ouvrir la voie à un processus politique inclusif qui reflète les aspirations des citoyens soudanais à la sécurité, à la stabilité et au développement.

Il a également mis en avant l'importance de mettre en œuvre la déclaration internationale du « Quad » et de progresser vers un cessez-le-feu permanent qui protège l'unité du Soudan et la cohésion de ses institutions nationales. Abdelatty a souligné la coordination continue entre l'Égypte et le Soudan en tant que voisins du bassin du Nil partageant des intérêts stratégiques en matière d'eau et de sécurité.

La nouvelle offensive diplomatique de l'Égypte intervient alors que l'armée soudanaise enregistre des avancées majeures dans l'État du Kordofan-Nord. Lundi, l'armée a repris la ville stratégique de Bara après de violents combats avec les Forces de soutien rapide (FSR), selon des sources militaires et locales. Cette avancée fait suite à la prise de contrôle par l'armée samedi d'Um Dam Haj Ahmed, au nord-est d'El Obeid, et de la zone de Kaskil au sud, ainsi qu'au déploiement de grandes formations de troupes pour sécuriser les villes clés et les routes d'approvisionnement.

Soutenue par des forces alliées – y compris la milice du Bouclier du Soudan et la Force conjointe des mouvements armés signataires –, l'armée a lancé des assauts coordonnés à l'aube sur des positions tenues par les FSR à travers le Kordofan-Nord. Les nouveaux combats aggravent une crise humanitaire déjà désastreuse au Darfour et au Kordofan, où les déplacements continuent de s'intensifier. Le chef humanitaire des Nations Unies, Tom Fletcher, a décrit les souffrances des personnes fuyant El Fasher comme « indescriptibles », notant dans un post sur X que plus de la moitié des survivants arrivant dans des camps improvisés à Tawila étaient des enfants.

Le 26 octobre, les FSR ont pris le contrôle d'El-Fasher – la plus grande ville du Darfour-Nord – et ont commis des atrocités de masse contre les civils, selon des organisations locales et internationales. Le commandant des FSR, Mohamed Hamdan Dagalo (Hemedti), a ensuite reconnu des « violations » par ses forces et annoncé la formation de comités d'enquête, ce qui a suscité de nouveaux avertissements de l'ONU sur le risque d'une partition de facto du Soudan.

Le conflit entre l'armée soudanaise et les FSR, qui a éclaté en avril 2023, a tué des dizaines de milliers de personnes et déplacé près de 13 millions d'individus – l'une des pires crises humanitaires au monde.

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