Report de l'examen à l'Assemblée du projet de loi contre la vie chère en outre-mer

La ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, a annoncé le report de l'examen à l'Assemblée nationale du projet de loi contre la vie chère dans les territoires ultramarins. Cette décision vise à renforcer le texte, jugé trop timide après son adoption au Sénat fin octobre. Elle intervient dans un contexte de tensions sociales liées aux prix élevés dans ces régions.

Lors d'un déplacement à La Réunion le jeudi 27 novembre 2025, Naïma Moutchou, ministre des outre-mer, a déclaré que l'examen du projet de loi contre la vie chère aux territoires ultramarins serait reporté à l'Assemblée nationale. L'objectif est de « se donner du temps de travail » pour améliorer le texte, présenté comme une « urgence » par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le projet, initié par l'ancien ministre Manuel Valls, a été adopté sans enthousiasme au Sénat fin octobre. Les parlementaires l'ont trouvé trop timide, espérant une loi plus ambitieuse pour protéger le pouvoir d'achat, promouvoir la transparence et stimuler la concurrence dans les outre-mer. Ce sujet a alimenté des manifestations violentes en Martinique à l'automne 2024.

Selon l'Insee, les écarts de prix alimentaires atteignent jusqu'à 42 % entre les départements d'outre-mer comme la Guadeloupe et la Martinique, et la France métropolitaine. En Guadeloupe, les prix alimentaires ont augmenté de 35 % en dix ans.

Par ailleurs, Naïma Moutchou a confirmé l'abandon de deux réformes budgétaires pour 2026 : la réforme des exonérations de cotisations patronales (Lodéom) et celle de la défiscalisation des investissements productifs. Ces mesures, censées économiser 650 millions d'euros à l'État, avaient provoqué une forte opposition des élus ultramarins de tous bords.

« La vie chère, ça doit être un sujet prioritaire. Il y a ce projet de loi de lutte contre la vie chère qui a été examiné au Sénat (…) Le texte a été amélioré mais je pense que nous pouvons aller beaucoup plus loin », a-t-elle déclaré à l'AFP, ajoutant avoir « tendu la main aux parlementaires » pour travailler ensemble.

« Avec le premier ministre, nous avons décidé d’y renoncer dans le cadre de ce projet de loi de finances parce que nous ne voulons pas fragiliser les territoires ultramarins », a ajouté la ministre, prévoyant un travail futur pour réformer ces dispositifs de manière plus efficace.

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