La délégation sénatoriale aux outre-mer a adopté à l’unanimité, le 6 novembre, un rapport d’information alarmant sur l’intégration insuffisante des territoires français de la Caraïbe dans leur espace régional. Dans un contexte de concurrence accrue avec la Chine et les États-Unis, ces départements et collectivités restent trop dépendants de Paris et Bruxelles. Cette situation contribue à la vie chère et menace leur avenir, selon le Sénat.
Le 6 novembre, les sénateurs de la délégation aux outre-mer ont adopté à l’unanimité un rapport d’information sur les départements et collectivités d’outre-mer de l’Atlantique, incluant la Guyane, les Antilles et Saint-Pierre-et-Miquelon. Ce document met en lumière le grand écart entre les déclarations volontaristes du gouvernement et la réalité : appelés à échanger davantage avec leur espace régional, ces territoires demeurent enfermés dans une relation quasi exclusive avec Paris et Bruxelles.
Cette situation, liée à la vie chère, met en péril leur avenir, alerte le Sénat. La délégation avait précédemment travaillé sur les territoires de l’océan Indien et poursuivra ses efforts début 2026 sur ceux du Pacifique.
« La Caraïbe est redevenue un espace géopolitique très sensible et, grâce à nos territoires d’outre-mer, la France est présente, stable et crédible dans cette région », souligne la corapporteuse, la sénatrice Les Républicains (LR) du Val-d’Oise, Jacqueline Eustache-Brinio.
Des progrès récents en matière de coopération ont été enregistrés, tels que l’ouverture d’une ambassade française au Guyana, de nouveaux accords sécuritaires et une initiative internationale française contre les sargasses. Sur le plan politique, « les réserves des organisations régionales envers l’intégration des collectivités françaises d’Amérique s’estompent, alors qu’elles la renvoyaient jusqu’ici à l’histoire coloniale de la France et à son appartenance au régime communautaire européen », note le rapport.
Ce rapport témoigne des défis persistants pour une meilleure intégration régionale des outre-mer français face à la concurrence internationale.