Jean-Luc Mélenchon auditionné sur l'entrisme religieux devant une commission parlementaire

Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France insoumise, a été auditionné le 6 décembre 2025 devant une commission d'enquête parlementaire sur les liens entre mouvements politiques et réseaux islamistes. Il a affirmé que son mouvement n'acceptera jamais l'entrisme religieux et s'est dit innocenté par les travaux de la commission. Mélenchon a défendu la laïcité tout en rejetant les accusations d'antisémitisme et de complaisance envers l'islamisme.

La commission d'enquête, initiée par des députés Les Républicains (LR), examine les liens supposés entre mouvements politiques et réseaux islamistes. Créée après des débats houleux, elle est présidée par le LR Xavier Breton et doit conclure ses travaux autour du 10 décembre 2025. Elle a auditionné une trentaine de personnes, dont des experts en renseignement, des universitaires et le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Jean-Luc Mélenchon, initialement convoqué pour le mardi précédent mais reporté au samedi 6 décembre en raison de son emploi du temps, a opté pour un ton savant et bonhomme lors de son audition. « La France insoumise n’acceptera jamais l’entrisme religieux », a-t-il affirmé, soulignant que « la question de la laïcité de l’État est fondatrice » pour son mouvement. Il a reconnu « l’existence d’une menace islamiste au milieu de bien d’autres », tout en appelant à distinguer « l’islam et l’islamisme » ainsi que « l’islamisme avec le terrorisme ».

Mélenchon a invoqué des auditions antérieures de responsables du renseignement, qui n'ont relevé aucun lien entre LFI et les islamistes. Il a cité le rapport sur l'entrisme des Frères musulmans, dont les auteurs, comme Pascal Courtade, ont indiqué n'avoir observé aucune stratégie nationale au sein des partis politiques. « Votre commission a déjà produit les documents qui nous innocentent absolument », a-t-il renchéri.

Face aux accusations de complaisance envers l'électorat musulman via la campagne sur Gaza ou de fréquentations islamistes pour les municipales de 2026, il a nié toute sympathie pour le régime iranien et s'est opposé à tous les régimes théocratiques. Sur l'antisémitisme, il a balayé les critiques de la députée Renaissance Prisca Thevenot : « Vous n’étiez pas née, j’étais en train d’aider des juifs à quitter l’URSS ». Il a défendu un professeur de l'université Lyon-II suspendu pour avoir qualifié de « génocidaires à boycotter » des personnalités majoritairement juives, affirmant qu'il n'est pas antisémite.

Mélenchon a plaidé pour une laïcité protectrice des cultes, conforme à la loi de 1905, et mis en garde contre les tentations de réglementer les pratiques religieuses comme le port du voile ou le jeûne. Après lui, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a été entendu, se concentrant sur la radicalisation générale, notamment en prison.

La composition du bureau de la commission, sans représentants de gauche, suscite des critiques, notamment de Marine Tondelier, cheffe des Écologistes et seule autre leader de parti auditionnée, qui l'accuse de nourrir un « climat de suspicion permanente » envers les musulmans.

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