Plusieurs cadres de La France insoumise (LFI) font de la couleur de peau un critère de vote pour les candidats insoumis lors des municipales 2026. Jean-Luc Mélenchon a donné le ton début janvier en évoquant le « grand remplacement » dans un discours à Villeurbanne. Cette sortie, présentée comme une plaisanterie, illustre une multiplication de propos racialistes au sein du mouvement.
La campagne des élections municipales de 2026 en France met en lumière des tensions au sein de La France insoumise (LFI), le mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon en février 2016. Plusieurs cadres insoumis ont adopté des discours explicitement racialistes, érigeant la « race » en catégorie pertinente pour expliquer la société et influencer les votes.
Début janvier 2026, lors de ses vœux à Villeurbanne (Rhône), Mélenchon a déclaré : « Nous avons besoin d’élections municipales qui soient une démonstration (…) de la capacité de nos listes à incarner la nouvelle France, celle du grand remplacement, celle de la génération qui remplace l’autre, parce que c’est comme ça depuis la nuit des temps. » Cette référence à l'expression controversée, souvent associée à des théories conspirationnistes d'extrême droite, a provoqué une polémique. Mélenchon a ensuite plaidé la plaisanterie, affirmant avoir agi « plein de malice ».
Ce discours s'inscrit dans une série d'illustrations du « mélenchonisme » pendant la campagne. LFI, qui a obtenu 19,6 % à la présidentielle de 2017 et 21,9 % en 2022, fait face à des accusations graves, y compris d'antisémitisme équivoque et de dénonciation des « Blancs ». Le 4 février 2026, le ministère de l'Intérieur a reclassé LFI en « extrême gauche », une étiquette contestée par le parti, qui y voit une menace pour la sincérité des scrutins.
L'historien Nicolas Roussellier argue que « gauche radicale » décrit mieux LFI, engagée dans une perspective électorale et parlementaire, contrairement à l'extrême gauche subversive historique. Malgré une image dégradée – 25 % d'opinions positives en janvier 2026 selon Ifop –, Mélenchon reste un acteur clé à gauche, où, selon un éditorial, « tous les chemins mènent vers Mélenchon ».
Ces controverses pourraient isoler LFI des électeurs, mais le mouvement continue de mobiliser autour d'un progressisme radicalisé.