Laurent Nuñez met en garde contre le bras de fer avec l'Algérie

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a critiqué la méthode du «bras de fer» avec l'Algérie, après l'adoption d'une résolution du Rassemblement national visant à dénoncer l'accord franco-algérien de 1968. Il insiste sur la nécessité de renouer le dialogue avec Alger pour des raisons de coopération sécuritaire et migratoire. Cette position intervient alors que les relations bilatérales sont au plus bas.

Samedi 1er novembre 2025, Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a exprimé ses regrets face à l'adoption jeudi à l'Assemblée nationale d'une résolution portée par le Rassemblement national (RN) visant à «dénoncer» la convention franco-algérienne du 27 décembre 1968. Dans un entretien au Parisien, il a déclaré : «Ceux qui font croire aux Français que le bras de fer et la méthode brutale sont la seule solution, la seule issue, se trompent. Ça ne marche pas, dans aucun domaine». Il a ajouté regretter «les conditions dans lesquelles s'est déroulé ce vote», soulignant que «le canal est totalement coupé aujourd'hui avec Alger».

Depuis son entrée au gouvernement, Nuñez plaide pour un dialogue avec l'Algérie, essentiel pour la coopération sécuritaire, notamment dans la lutte antijihadiste au Sahel. Le gel des relations s'est manifesté par l'arrêt de la coopération migratoire : «L'Algérie n'accepte plus ses ressortissants en situation irrégulière depuis le printemps dernier». En 2025, seuls 500 éloignements forcés vers l'Algérie ont eu lieu à fin octobre, contre 1 400 l'année précédente sur la même période. Cela a entraîné une surcharge des centres de rétention administrative, où «40 % des places sont occupées par des ressortissants algériens».

Le départ récent de Bruno Retailleau, prédécesseur de Nuñez et partisan d'une ligne dure contre Alger, avait permis d'initier des discussions en coulisses. Cependant, l'adoption de la résolution a freiné ces efforts. Signé six ans après la guerre d'Algérie, l'accord de 1968 instaure un régime d'immigration favorable aux Algériens : pas de visa spécifique pour un séjour supérieur à trois mois en France, et un accès accéléré aux titres de séjour de dix ans, y compris pour le regroupement familial. Sa dénonciation, réclamée depuis longtemps par la droite et l'extrême droite, reste symbolique et non contraignante juridiquement.

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