Lors du conseil des ministres du 19 novembre 2025, Emmanuel Macron a dénoncé le rôle des consommateurs aisés dans le financement des narcotrafiquants, dans le contexte de l'assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille. Le président a appelé à une mobilisation collective et à une politique de prévention. Parallèlement, des mesures judiciaires et internationales sont en cours pour contrer le trafic de drogue.
Le 19 novembre 2025, lors du conseil des ministres, Emmanuel Macron a vivement critiqué la consommation de drogue en milieu urbain. Selon la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, le président a déclaré : « C’est parfois les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotrafiquants ». Il a insisté sur l'importance d'une politique de prévention et de sensibilisation, ajoutant : « On ne peut pas déplorer d’un côté les morts et de l’autre continuer à consommer le soir en rentrant du travail. »
Ces propos interviennent après l'assassinat de Mehdi Kessaci, 20 ans, abattu le 13 novembre à Marseille. Mehdi était le frère d'Amine Kessaci, militant écologiste et fondateur de l'Association Conscience en 2020, qui lutte contre les ravages du narcotrafic dans les quartiers populaires. Amine Kessaci, dans une tribune publiée le 19 novembre, a enterré son frère le 18 novembre et dénoncé « la violence du narcotrafic », « la lâcheté des commanditaires » et les carences de l'État. Il a rappelé la mort précédente de leur frère Brahim en décembre 2020 et critiqué le manque de protection pour sa famille malgré des menaces signalées à la police en août. « Non, je ne me tairai pas. Je dirai et répéterai que mon frère Mehdi est mort pour rien », a-t-il écrit, appelant à une lutte collective et à des actions comme le renforcement des services publics et des moyens pour les enquêteurs.
Sur le plan législatif, Bruno Retailleau, président des Républicains et ancien ministre de l'Intérieur, a salué sur Europe 1-CNews une nouvelle loi contre la criminalité organisée, inspirée de la législation antiterroriste. Elle prévoit un Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) dès le 1er janvier 2026, un état-major regroupant les renseignements de quatre ministères et une chaîne judiciaire spécialisée. « C’est une guerre et on va la gagner », a-t-il affirmé, critiquant les contradictions du Rassemblement national sur l'interception des messageries cryptées.
Internationalement, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a réclamé l'extradition d'une quinzaine de narcotrafiquants des Émirats arabes unis lors d'une visite le 19 novembre. Depuis le début de l'année, 14 grands trafiquants ont été extradés vers la France et incarcérés dans des prisons de haute sécurité. Pour la première fois, les Émirats ont saisi une quarantaine d'appartements, et Darmanin a transmis une liste de patrimoines valant des dizaines de millions d'euros, achetés en cash ou en cryptomonnaies. « La sécurité en France se joue aussi aux Émirats » et il faut « taper les narcotrafiquants au portefeuille au niveau international », a-t-il déclaré sur X. Accompagné du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, il se rendra à Marseille le 20 novembre.