Ouaihid Ben Faïza, narcotrafiquant condamné, a obtenu une permission controversée pour un entretien d'embauche à Vaulx-en-Velin. Le gérant de l'entreprise Hydroquip, qui l'a accueilli, affirme le traiter comme n'importe quel être humain. Cette décision suscite des réactions mitigées.
Ouaihid Ben Faïza, âgé de 52 ans, purge une peine pour trafic de drogue depuis sa condamnation en 2012 et une évasion en 2014 avec un commando armé. Considéré parmi les 100 principaux narcotrafiquants de France, il est détenu à Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais, avec une libération prévue en 2029.
Malgré un avis défavorable du parquet de Béthune, un juge d'application des peines lui a accordé une permission de sortie lundi pour un entretien à Hydroquip, une PME spécialisée en composants hydrauliques à Vaulx-en-Velin, près de Lyon. Cette décision a été confirmée par la chambre d'application des peines de la cour d'appel de Douai. Ben Faïza a voyagé en train depuis Lille et s'est présenté à l'heure.
Le gérant, anonyme, a décrit l'échange comme positif : «Ça s’est très bien passé, on a discuté, il a reconnu qu’il avait fait des bêtises plus jeune mais il était motivé. Pour moi, c’est un être humain comme un autre, ce n’est pas la fin du monde. Il n’a blessé personne, il n’a tué personne». Il ajoute : «Je ne comprends pas pourquoi on en fait tout un pataquès. Moi, je veux juste rendre service à des gens qui ont fait des bêtises». Bien qu'intéressé, il hésite en raison de la distance avec la famille de Ben Faïza, originaire de La Courneuve en Seine-Saint-Denis.
L'entreprise a reçu un afflux d'avis Google, certains en soutien, d'autres critiques. Ben Faïza s'engage à payer 143 174,79 euros d'amendes à 50 euros par mois depuis septembre. Les procureurs doutent de la viabilité de son projet professionnel, vu son salaire potentiel proche du SMIC. Retourné en prison, une promesse d'embauche pourrait accélérer sa libération conditionnelle, selon un syndicaliste de la prison.