Nicolas Sarkozy, condamné à cinq ans de prison ferme dans l'affaire du financement libyen de sa campagne de 2007, sera incarcéré le 21 octobre à la prison de la Santé à Paris. L'ancien président a été informé de cette décision lors d'une audience le 13 octobre au Parquet national financier. Il reste présumé innocent en attendant son appel.
Le 13 octobre 2025, Nicolas Sarkozy, âgé de 70 ans, s'est rendu au Parquet national financier (PNF) pour une audience d'environ vingt-cinq minutes avec son président, Jean-François Bohnert. Arrivé à 13h45 et reparti à 14h25, l'ancien chef de l'État n'a fait aucune déclaration, tout comme son avocat Christophe Ingrain et le PNF, selon l'AFP.
Cette convocation faisait suite à sa condamnation, prononcée le 25 septembre 2025 par le tribunal de Paris, à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt différé et exécution provisoire, pour avoir laissé ses collaborateurs démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi en vue d'un financement illégal de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. Le tribunal a justifié cette mesure par l'« exceptionnelle gravité des faits », commis par un responsable politique aspirant à la fonction suprême.
Contrairement à ses co-accusés Alexandre Djouhri et Wahib Nacer, qui ont été incarcérés immédiatement, Sarkozy a bénéficié d'un délai de quatre mois pour organiser ses affaires professionnelles. Il entrera en détention comme condamné en première instance, mais présumé innocent en attendant son procès en appel, qui pourrait avoir lieu dans les prochains mois.
Nicolas Sarkozy est le premier président de la République française, et selon une recension de l'AFP, le premier chef d'État européen, à intégrer une cellule. Pour des raisons de sécurité, il sera placé soit dans un quartier des personnalités vulnérables (QPV), soit en quartier d'isolement à la prison de la Santé, l'une des deux maisons d'arrêt en région parisienne disposant d'un QPV, avec Fleury-Mérogis.
Sa défense pourra immédiatement demander sa mise en liberté provisoire devant la cour d'appel, qui dispose de deux mois maximum pour statuer. Tous les sept prévenus, dont Sarkozy, ainsi que le PNF ont fait appel du jugement. Le tribunal a retenu que des flux d'argent sont partis de Libye, mais n'a pas prouvé qu'ils ont atteint les caisses de la campagne ; en droit, la simple préparation caractérise le délit d'association de malfaiteurs. Si aucun nouveau procès n'a lieu dans les dix-huit mois, les prévenus seront remis en liberté, sauf autres motifs de détention.