La Chambre des représentants du Nigeria a reçu la demande du président Bola Ahmed Tinubu pour un emprunt domestique de 1,15 billion de nairas afin de combler un déficit dans le budget 2025. Les parlementaires ont renvoyé la proposition à une commission pour examen, au milieu des demandes de libération de fonds pour les projets de capitaux bloqués des budgets 2024 et 2025. Les tensions sont montées lors de sessions à huis clos alors que des entrepreneurs protestaient contre des travaux non payés.
Le mercredi 5 novembre 2025, la Chambre des représentants à Abuja a reçu une demande formelle du président Bola Ahmed Tinubu, datée du 31 octobre 2025, demandant l'approbation pour lever 1,15 billion de nairas sur le marché de la dette domestique. Cet emprunt vise à financer une partie du déficit de 14,10 billions de nairas dans la Loi de finances 2025, suite à la révision à la hausse du budget par l'Assemblée nationale, passant de la proposition exécutive de 49,74 billions de nairas à 59,99 billions de nairas. La disposition initiale d'emprunt de 12,95 billions de nairas a laissé un écart non financé de 1 147 462 863 321,39 nairas, comme détaillé dans la lettre du président lue par le vice-président Benjamin Okezie Kalu.
Tinubu a justifié la demande en vertu de la section 44 (1-2) de la Loi sur la responsabilité budgétaire de 2007, déclarant : « Cette augmentation a créé un déficit budgétaire de 14,10 billions de nairas. Cependant, l'emprunt proposé approuvé dans le budget était de 12,95 billions de nairas, ce qui a entraîné un déficit non financé de 1 147 462 863 321,39 nairas... Il est donc nécessaire d'augmenter la limite d'emprunt domestique dans le budget 2025 de 1 147 462 863 321,39 nairas pour combler cet écart. » La Chambre a renvoyé l'affaire à sa Commission des aides, prêts et gestion de la dette pour un examen sur la justification, le remboursement et les implications pour la durabilité de la dette. Le porte-parole de la Chambre, Akin Rotimi, a souligné l'engagement du législatif en matière de responsabilité budgétaire et d'intérêt national.
Parallèlement, les parlementaires ont exprimé leur frustration face aux retards dans le financement des projets de capitaux des budgets 2024 et 2025. Des discussions ont eu lieu lors de deux sessions à huis clos, où les membres ont envisagé de suspendre les activités législatives jusqu'à la libération des fonds et l'émission de mandats pour les projets 2025. Les retards ont entraîné des projets bloqués, des sites abandonnés et un ralentissement des économies locales, avec au moins cinq assurances antérieures non tenues. Le vice-président Kalu, présidant en l'absence du président Abbas Tajudeen, a appelé à la reprise des travaux par respect pour le président, attribuant les problèmes à des retards administratifs dans les ministères. Le mardi et le mercredi, des entrepreneurs indigènes ont bloqué l'entrée de l'Assemblée nationale pour protester contre les non-paiements. Les parlementaires ont insisté sur le fait que tout nouvel emprunt doit aboutir à une livraison visible de projets.