Paris ouvre une enquête sur maltraitance dans un foyer éducatif

La Ville de Paris a saisi la justice après la révélation de vidéos montrant des éducateurs rasant la tête d'un enfant de 15 ans dans un foyer de l'ASE, dans le but de l'humilier. L'incident s'est produit en février 2025 au foyer Jenner, dans le 13e arrondissement. Le parquet des mineurs a ouvert une enquête pour violences volontaires sur mineur.

En février 2025, au foyer éducatif Jenner géré par l'association Jean-Cotxet dans le 13e arrondissement de Paris, des éducateurs ont rasé la tête d'un garçon de 15 ans placé par l'aide sociale à l'enfance (ASE). Ils ont filmé la scène et l'ont partagée dans un groupe WhatsApp professionnel, la présentant comme une 'sanction'. Sur les images, l'enfant apparaît torse nu, assis avec les bras croisés, pendant que la tondeuse opère.

Les échanges dans le groupe révèlent des moqueries entre les éducateurs, bien qu'une collègue ait alerté sur la gravité des faits : « Si c’est pas une blague, c’est très très grave ». L'enfant a porté un bonnet pendant au moins quatre mois pour dissimuler son crâne et a subi des moqueries et violences physiques de ses pairs.

La Ville de Paris, qualifiant ces actes de 'gravissimes', a saisi le parquet le 9 décembre 2025. Aucune justification – poux, accord de l'enfant ou autorisation maternelle – ne légitime cette violence, selon la collectivité, qui prévoit de se constituer partie civile. Une enquête administrative a déjà renouvelé l'équipe encadrante, avec une poursuite des vérifications pour assurer la sécurité des enfants.

L'avocat de la famille, Axel Delaunay-Belleville, critique le délai : la mairie était informée depuis septembre, mais n'a réagi publiquement qu'en décembre. La mère compte déposer plainte prochainement. L'association Jean-Cotxet, 'profondément choquée', indique avoir été alertée fin mars et avoir ignoré la vidéo jusqu'en septembre. L'enfant, suivi de près, souhaite rester au foyer où il se sent bien malgré l'épisode.

Des candidats aux municipales parisiennes, comme David Belliard et Emmanuel Grégoire, exigent des sanctions sévères. La haute-commissaire à l'enfance, Sarah El Haïry, insiste : « Un enfant confié doit être traité avec une dignité absolue ». Un rapport parlementaire d'avril 2025 alerte sur les failles du système de protection de l'enfance, notant des contrôles lacunaires pour 400 000 mineurs en France.

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