Deux jeunes mis en examen pour la mort de Shemseddine ont été remis en liberté vendredi en raison d’un vide juridique. L’audience s’est tenue devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris.
Depuis le 1er juillet, un vide législatif empêche le maintien en détention provisoire des mineurs mis en examen pour crime en attendant leur procès. Les deux jeunes, initialement mis en examen alors qu’ils étaient mineurs, sont désormais majeurs et ont retrouvé la liberté après l’audience.
En avril 2024, Shemseddine, un collégien de 15 ans, avait été roué de coups à Viry-Châtillon en Essonne par des adolescents d’un quartier voisin. Il est décédé le lendemain à l’hôpital. Sur les cinq personnes initialement mises en examen pour assassinat, seules deux sont désormais poursuivies pour coups volontaires en réunion ayant entraîné la mort.
Me Pauline Ragot, avocate de la mère de la victime, a déclaré que la décision résultait d’une « succession de fautes et failles procédurales ayant conduit à un réel naufrage judiciaire ». Elle a ajouté qu’il faudrait expliquer à la mère « que les individus qui ont tué son enfant dans des conditions barbares sont aujourd’hui libres ».
Le Conseil constitutionnel avait censuré une disposition en juin 2025 et laissé un an au législateur pour se mettre en conformité. Le gouvernement prévoit de déposer un amendement mi-juillet dans le projet de loi sur la justice criminelle.