La cour d'appel de Paris a interdit à Nicolas Sarkozy d'entrer en contact avec Gérald Darmanin dans le cadre de son contrôle judiciaire après sa libération de prison. Le ministre de la Justice a affirmé mardi soir sur TF1 que l'ancien président respectera cette mesure. Darmanin n'exprime aucun regret pour sa visite en prison à Sarkozy.
Nicolas Sarkozy, libéré après trois semaines de détention à la maison d'arrêt de la Santé pour l'affaire du financement présumé libyen de sa campagne de 2007, est soumis à un contrôle judiciaire imposé par la cour d'appel de Paris. Lundi, les juges ont interdit à l'ancien président tout contact avec Gérald Darmanin ou les membres de son cabinet, en raison de la capacité de Sarkozy à «actionner différents services de l'État».
Cette décision fait suite à la visite de Darmanin à Sarkozy en prison le 29 octobre. Le ministre, qui avait assumé cette initiative pour vérifier les «conditions de sécurité» de l'ancien président – protégé par deux policiers armés –, a suscité des critiques. Un collectif d'avocats, «indignés», a déposé une plainte contre lui auprès de la Cour de justice de la République, reprochant un «mélange des genres» et son soutien exprimé, comme sa «tristesse» avant la visite.
Invité mardi soir au «20H» de TF1, Gérald Darmanin a défendu sa position. «Nicolas Sarkozy va respecter ses obligations», a-t-il prédit, précisant que cela signifie «ne pas entrer en contact» avec lui tant qu'il est ministre. Il a ajouté : «Nous allons tous respecter les décisions de justice». Interrogé sur les motivations des juges, il a déclaré : «J’ai été neuf ans ministre des Français (...) Je n’ai jamais trahi.»
Darmanin persiste et signe quant à sa visite : «J’ai rempli mon rôle et je ne regrette rien.» Il a justifié l'action par les menaces pesant sur Sarkozy, soulignant que, en cas d'incident, il aurait été tenu responsable par le Parlement, les médias et la CJR. Il visite trois prisons par semaine et insiste sur le statut exceptionnel de l'ancien président.