La députée Sophia Chikirou a été investie vendredi 14 novembre 2025 comme tête de liste de La France insoumise (LFI) pour les élections municipales à Paris en mars 2026. Proche de Jean-Luc Mélenchon, elle promet une campagne de « rupture » avec la gestion d'Anne Hidalgo et le programme de la droite. Cette candidature clivante vise à conquérir l'électorat populaire et à déloger le PS de l'Hôtel de ville.
Sophia Chikirou, députée de la 6e circonscription de Paris et conseillère régionale de 46 ans, a officiellement annoncé sa candidature lors d'une conférence de presse le vendredi 14 novembre 2025, depuis le local de campagne de LFI dans le 10e arrondissement. Investie sans concurrence au sein de LFI, elle était entourée des chefs de file des 17 arrondissements, dont Bruno Gaccio dans le 7e. « LFI à Paris, c’est le premier mouvement populaire avec près de 20 000 membres, dont plus de 5 000 sont actifs dans 130 groupes d’actions », a-t-elle déclaré, soulignant la participation naturelle du parti aux municipales.
Elle critique l'épuisement de la majorité sortante socialiste, au pouvoir depuis un quart de siècle, et promet une « rupture nette et franche » avec la gestion « sans ambition » d'Anne Hidalgo, accusée de ne pas répondre aux besoins des familles face à la flambée des loyers. « Quand les familles parisiennes sont obligées de partir parce que se loger est trop cher, c’est que les politiques mises en place ne répondent pas à leurs besoins », a-t-elle affirmé. Elle rejette aussi le programme d'austérité de Rachida Dati (Les Républicains), qui mène les sondages. Au cœur de sa campagne : la réduction du coût du logement et une « éducation communale » avec des investissements massifs pour les animateurs périscolaires en grève contre la précarisation.
Jugée clivante même à gauche, Chikirou incarnera « le Paris populaire » et refuse une alliance au premier tour avec le PS d'Emmanuel Grégoire ou les écologistes de David Belliard, contrairement aux négociations en cours entre ces forces. Elle laisse cependant la porte ouverte à un accord au second tour avec les écologistes si elle dépasse les 10 %, un seuil qu'un sondage récent lui crédite à 12 %. « Je n’ai peur de personne. Vous me connaissez maintenant », a-t-elle lancé. LFI, sans élu au Conseil de Paris, mise sur la réforme de la loi PLM pour élire directement les conseillers. Dès ce week-end, 5 000 militants tracteront dans les arrondissements de gauche pour booster la participation.