Une enquête d'Amnesty International révèle que 56 % des jeunes Argentins âgés de 16 à 30 ans craignent une répétition des événements de la dictature de 1976. Les plus inquiets sont les femmes et les personnes qui ne soutiennent pas La Libertad Avanza, qui rejettent largement les grâces militaires. Tout en appréciant la démocratie, ils expriment leur frustration quant à son fonctionnement actuel.
À l'occasion du 50e anniversaire du coup d'État militaire de 1976 en Argentine, une enquête d'Amnesty International a révélé que 56 % des jeunes âgés de 16 à 30 ans craignent que des événements similaires à ceux de la dictature ne se reproduisent. Réalisé en ligne auprès de 656 personnes du 9 au 11 mars 2026, le sondage présente une marge d'erreur de +/- 3,5 % et s'adresse à ceux qui n'ont pas vécu le régime de facto mais qui restent attentifs aux risques autoritaires futurs, comme l'a rapporté Perfil le 20 mars 2026. L'inquiétude est la plus forte chez les femmes et les personnes qui ne soutiennent pas La Libertad Avanza, 75 % d'entre elles rejetant les grâces militaires potentielles. Par ailleurs, 43 % des personnes interrogées ne s'inquiètent pas ou peu d'un retour aux processus dictatoriaux. Les principales préoccupations du pays sont l'insécurité et la pauvreté. Un tiers d'entre eux préfèrent un système garantissant la croissance économique, même sans élection des autorités ou liberté d'expression. 92 % des personnes interrogées considèrent qu'il est très important ou assez important de vivre en démocratie, même si 46 % d'entre elles ne sont pas satisfaites des progrès réalisés par l'Argentine. Plus de 75 % des personnes interrogées savent exactement ce que commémore le 24 mars, et 87 % affirment en savoir beaucoup ou un peu plus à ce sujet, ce qui témoigne d'une mémoire sociale persistante dans un contexte de crise économique et de méfiance à l'égard de la politique.