La Colombie traverse une phase complexe marquée par la perte de crédibilité et l'affaiblissement de ses institutions. Une analyse récente attribue cela à l'érosion des valeurs sociétales fondamentales telles que la solidarité, l'équité et la justice. Elle souligne l'urgence d'une transformation morale pour renforcer le cadre institutionnel.
Ce ne sont pas les modèles économiques ou la localisation géographique qui font d'une nation un pays développé, mais des institutions solides et efficaces, comme l'expliquent les professeurs Robinson et Acemoglu dans leur livre Why Nations Fail. En Colombie, ces institutions sont sapées par la perte de valeurs sociétales essentielles, telles que la solidarité, l'équité, la vérité, le respect et la justice, qui sont vitales pour une coexistence saine et la protection des droits des citoyens.
Le système judiciaire du pays boite face aux processus de corruption quotidiens, souvent cooptés par le pouvoir politique. Il devient un outil au service des intérêts personnels de certaines castes, qui utilisent l'argent et l'intimidation pour le plier, même dans des cas évidents de détournement de fonds publics. Le narcotrafic prolifère, dans une société permissive envers le blanchiment d'argent illicite via des entreprises de façade et des contrats d'État. L'influence corruptrice du narcotrafic et de la contrebande a imprégné toutes les institutions, sans réponse décisive.
Bien qu'il y ait de nombreux défis qui mettent en lumière cette faiblesse institutionnelle —le pilier de la démocratie—, une transformation morale authentique est nécessaire. Cela restaurerait la valeur des institutions, en garantissant la justice et les droits tout en respectant les devoirs et les autres. Ce n'est qu'alors que les réformes nécessaires pourront progresser et qu'un chemin juste pourra être tracé pour surmonter les multiples crises actuelles.