Deux agentes du tribunal de Marseille mises en examen pour fuites vers la DZ Mafia

Deux jeunes agentes administratives du tribunal judiciaire de Marseille ont été mises en examen le 5 décembre pour consultation illégale de fichiers au profit d'un proche de la DZ Mafia. L'une d'elles aurait monnayé ces accès, avec des implications plus graves pour la seconde. Les mesures judiciaires varient, incluant des interdictions professionnelles et des appels du parquet.

Le 5 décembre, deux agentes administratives employées au tribunal judiciaire de Marseille ont été mises en examen pour des faits graves liés à la consultation illicite de bases de données. Selon les investigations, l'une d'elles, une vacataire, aurait accédé à des fichiers concernant une cinquantaine de profils, dont huit impliqués dans des affaires d'assassinat. Ces actes sont qualifiés de détournement de la finalité de traitement de données personnelles, de violation du secret professionnel et de révélation de secrets d'enquête à une personne potentiellement concernée.

L'enquête révèle des connexions avec la DZ Mafia, un groupe criminel marseillais. L'ex-petit ami de cette agente, connu seulement pour des violences conjugales, est le cousin de Mehdi Laribi, surnommé « Tic », que la police judiciaire désigne comme le chef de cette organisation. Ce proche, également ami d'un narcotrafiquant majeur en fuite après une permission de sortie, a lui-même été mis en examen pour corruption passive et association de malfaiteurs. Placé sous contrôle judiciaire malgré les réquisitions de détention, il fait l'objet d'un appel du parquet.

Les deux agentes, travaillant dans un service civil du tribunal, présentent des niveaux d'implication distincts : occasionnel pour la première, plus étendu et rémunéré pour la seconde. La juge d'instruction a imposé à la première un contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer sa profession. Pour la seconde, bien que le parquet ait requis une détention provisoire, le juge des libertés a opté pour un contrôle judiciaire strict, l'excluant du palais de justice de Marseille et de tout emploi dans les ministères de la Justice, de l'Intérieur et de la Défense. Le procureur a interjeté appel de cette décision, qui sera examinée prochainement par la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence.

Ces développements soulignent les risques d'infiltration des institutions judiciaires par des réseaux criminels, dans un contexte de lutte accrue contre le narcotrafic à Marseille.

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