Deux détenus se sont évadés de la prison de Dijon le 27 novembre, dont Yannick T., 19 ans, incarcéré pour tentative d'assassinat. Alors que l'un a été interpellé, le second reste en fuite, suscitant la peur chez la famille de sa victime. Celle-ci redoute une récidive pour « finir le travail » et réclame une protection policière.
Le 27 novembre, vers 7 heures du matin, deux détenus de la maison d'arrêt de Dijon ont échappé à la surveillance en sciant les barreaux de leurs cellules au rez-de-chaussée du quartier disciplinaire, à l'aide de lames de scie à métaux probablement livrées par drone, selon le procureur Olivier Caracotch. Ils ont utilisé des draps pour franchir le mur d'enceinte surmonté de fils de rasoir, avant de sortir par le porche ouvert pour le personnel. L'un, âgé de 32 ans, a été arrêté moins de 24 heures plus tard dans un bar-PMU de la région. Yannick T., 19 ans, considéré comme le plus dangereux avec de multiples incarcérations mineures, est toujours recherché activement.
Yannick T. était détenu provisoirement pour une tentative d'assassinat en octobre 2024 à Montbéliard, liée à un règlement de comptes sur fond de narcotrafic. Recruté avec deux complices pour exécuter un contrat sur Yanis L., il s'était présenté armé d'une kalachnikov au domicile de la victime. « Mon client s’est défendu, ça a donné lieu à une scène de chaos et c’est ce qui lui a permis d’éviter la mort », explique Me Saïd Harir, avocat de Yanis L., au Figaro.
La famille de la victime – sa mère et ses sœurs, résidant toujours au même endroit – vit dans la terreur. Dans un mail à leur avocat, consulté par Le Figaro, la sœur aîné écrit : « Nous prenons [son évasion] comme une menace très très très réelle de récidive pour “finir le travail” ». La cadette ajoute : « J’ai peur de me faire tuer, tirer dessus par celui qui est venu avec une grosse arme devant la fenêtre de ma chambre ». Elles évoquent un incendie survenu dans la nuit du 1er au 2 avril, où leur porte et des véhicules ont été incendiés, perçu comme une intimidation croissante par Me Harir.
Le parquet de Montbéliard affirme qu'aucun lien n'existe avec l'incendie et qu'il n'y a « pas de menace identifiée contre la famille », la cible étant Yanis L., protégé en détention. Me Harir conteste : « Depuis son évasion, on répète que ce jeune homme est dangereux donc on ne peut pas prendre le risque de jeter au loup cette famille. » Aucune protection n'a été accordée pour l'instant, malgré les demandes.