Le Sénat brésilien a approuvé mercredi (4) l’accord de libre-échange UE-Mercosul, achevant les procédures congressionnelles et soumettant le texte à la sanction présidentielle. Le traité devrait prendre effet de manière provisoire en mai après notification à l’UE. Négocié depuis 1999, il relie des marchés avec un PIB combiné de 22 000 milliards de dollars et éliminera les droits de douane sur 91 % du commerce bilatéral.
Le Sénat brésilien a approuvé l’accord de libre-échange UE-Mercosul lors d’un vote symbolique, sans décompte nominal des votes, mercredi (4 mars 2026). La rapporteure, la sénatrice Tereza Cristina (PP-MS), a qualifié le traité de stratégique au milieu des tensions commerciales mondiales, affirmant que l’utilisation d’instruments économiques comme moyen de pression politique souligne la nécessité de diversifier les partenariats. « En se fermant pour soi-disant se mettre ‘en premier’, les pays renoncent à construire un système où tous peuvent prospérer », a-t-elle déclaré, sans nommer de pays spécifiques. nnLe texte est désormais transmis au président Lula pour sanction, après quoi le Brésil notifiera officiellement le bloc européen. L’application provisoire, sans date d’expiration, dépend de la Commission européenne, et le gouvernement brésilien s’attend à ce qu’elle débute en mai, conformément aux calendriers du traité signé en janvier de cette année au Paraguay. nnPour obtenir le soutien, l’exécutif a négocié avec le bloc ruraliste et l’industrie, en émettant un décret réglementant les sauvegardes commerciales qui permettent une suspension temporaire des réductions tarifaires en cas de hausses soudaines des importations. Cela répond aux exigences de l’agrobusiness, similaires aux mesures prises par l’UE après les manifestations d’agriculteurs en France, en Pologne et en Belgique. L’accord prévoit des quotas pour les produits laitiers et des délais de 8 à 12 ans pour l’élimination progressive des droits de douane sur les importations de vin. nnFinalement, les droits de douane seront ramenés à zéro pour les biens industriels tels que les machines, les automobiles et les produits chimiques, augmentant la concurrence. Le ministère du Développement, de l’Industrie, du Commerce et des Services estime un impact de +0,34 % sur le PIB brésilien et de +0,76 % sur les investissements d’ici 2044. En 2025, le commerce bilatéral a atteint 100 milliards de dollars, avec des exportations brésiliennes de combustibles, de café et de minerais, et des importations de machines, de produits pharmaceutiques et de véhicules. nnL’Argentine et l’Uruguay ont déjà ratifié l’accord. Dans l’UE, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a indiqué que l’application provisoire évitera les retards. Le sénateur Nelsinho Trad (PSD-MS) a annoncé la création d’un groupe de travail pour suivre la mise en œuvre et accompagner les secteurs affectés. Le sénateur Humberto Costa (PT-PE) a jugé l’accord rationnel, en préservant les secteurs grâce à de longues périodes de transition.