L'affaire Beto Freitas marque cinq ans sans date de procès

Cinq ans après la mort de João Alberto Freitas, connu sous le nom de Beto Freitas, battu par des agents de sécurité dans un supermarché Carrefour à Porto Alegre, le procès des accusés n'a toujours pas de date fixée. L'incident, survenu à la veille de la Journée de la Conscience noire, a déclenché des protestations contre le racisme au Brésil. Le ministère public a fait appel auprès du STJ pour rétablir le qualificatif de motif vil, mais la décision reste en attente.

Le 19 novembre 2020, João Alberto Freitas, connu sous le nom de Beto Freitas, a été agressé lors d'une intervention dans le parking d'un magasin Carrefour dans le nord de Porto Alegre. Il est mort sur place par asphyxie indirecte après une compression thoracique violente pendant environ quatre minutes, devant 15 personnes empêchées d'intervenir. La mort, survenue à la veille de la Journée de la Conscience noire, a provoqué une vague de protestations contre le racisme dans le pays.

Six personnes ont été inculpées par le ministère public du Rio Grande do Sul pour homicide doublement qualifié, pour moyens cruels et un moyen qui a entravé la défense de la victime : les agents de sécurité Giovane Gaspar da Silva et Magno Braz Borges, la cheffe d'équipe Adriana Alves Dutra, et Kleiton Silva Santos, Rafael Rezende et Paulo Francisco da Silva. Tous répondent en liberté. Giovane et Magno ont été arrêtés préventivement un jour après l'incident, et Adriana en détention domiciliaire en raison de sa maladie ; ils ont été libérés en décembre 2024 pour durée excessive.

Les défenses nient l'intention de tuer ou la motivation raciste, invoquant la légitime défense ou le suivi d'ordres. Adriana demande une reclassification en homicide involontaire. Les témoins ont été entendus en 2021, les accusés interrogés de mai à juin 2022, et l'affaire a été transmise à la cour d'assises en novembre 2022, confirmée en décembre 2023.

En juillet 2024, le tribunal du Rio Grande do Sul a retiré le qualificatif de motif vil à la demande de la défense. Le MP a fait appel auprès du STJ en août 2024, arguant que le préjugé racial et la vulnérabilité économique de Beto le justifient. La procureure Flávia Raphael Mallmann a déclaré : « Il y avait une surveillance... concernant les personnes noires, les personnes mal vêtues, comme si c'était une action préventive ». Le STJ n'a pas encore statué, les procédures étant sous secret de justice.

Carrefour a signé un accord d'ajustement de conduite en juin 2021, allouant 115 millions de R$ à des réparations, dont 68 millions de R$ pour 883 bourses pour des étudiants noirs. L'entreprise a mis en place des formations annuelles à l'alphabétisation raciale, des bodycams et des clauses antiracistes dans les contrats, affirmant que l'épisode « a définitivement transformé l'entreprise ».

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