Une commission dirigée par l'Église a été créée pour documenter les exécutions extrajudiciaires survenues durant la guerre contre la drogue menée sous l'administration Duterte. Cet organe indépendant vise à identifier les victimes et à soutenir les familles en quête de vérité.
La Commission de vérité sur les EJK (exécutions extrajudiciaires) a été lancée la semaine dernière par des groupes de la société civile. Le cardinal Pablo Virgilio David en est le conseiller, tandis que l'ancien juge de la CPI, Raul Pangalangan, en assure la présidence. Parmi les autres membres figurent la médecin légiste Dr Raquel Fortun, le journaliste spécialisé dans les droits de l'homme Carlos Conde, le Dr Al Fuertes et le père Daniel Franklin Pilario.
La commission se concentrera sur l'enregistrement des témoignages des victimes et sur la détermination du nombre exact de décès. Les estimations varient : les groupes de défense des droits de l'homme avancent le chiffre de 30 000, l'ONU en rapporte 18 000 et le gouvernement en indique entre 6 000 et 7 000. Pangalangan a souligné que cet effort vise à établir la vérité aux côtés des victimes plutôt que par le seul biais de procédures judiciaires.
Le chef de la police nationale philippine, le PGen Jose Melencio Nartatez, a promis une coopération dans le respect des protocoles légaux. L'ancien président Rodrigo Duterte est toujours détenu à La Haye dans l'attente d'un procès devant la CPI pour des chefs d'accusation de crimes contre l'humanité.