Un juge de Santiago a statué en faveur des propriétaires du restaurant Antigua Fuente, anciennement Fuente Alemana, ordonnant à l'État de payer plus de 475 millions de dollars pour ne pas avoir protégé l'établissement des actes de vandalisme pendant l'éclatement social. Cette décision souligne la responsabilité de l'État pour négligence dans la protection de l'ordre public. Ce jugement de première instance pourrait créer des précédents pour des cas similaires.
Le 29 novembre, le juge du 24e tribunal civil de Santiago a statué sur la plainte déposée par les propriétaires du restaurant Antigua Fuente contre le Trésor public. Le jugement tient l'État responsable pour manquement à son devoir de service, exigeant une compensation pour les dommages émergents et moraux dépassant 475 millions de dollars. Les attaques de vandalisme se sont produites de manière répétée après l'éclatement social de 2019 et au milieu des restrictions pandémiques, sans que l'État ne fournisse la protection nécessaire.
La décision souligne que les incidents n'étaient pas isolés mais se sont prolongés dans le temps, même lorsque le pays retrouvait la normalité. Dans la zone de la Plaza Italia, où se trouve l'établissement, les vendredis étaient particulièrement violents, transformant la zone en une sorte de « zone de sacrifice » sans protection efficace des autorités. La loi organique des bases générales de l'administration de l'État stipule que l'État est responsable des dommages résultant des omissions des organes administratifs.
Ce jugement de première instance reconnaît la responsabilité extracontractuelle de l'État en matière de sécurité, découlant des mandats constitutionnels et des lois définissant ses devoirs en matière d'ordre public. Il marque une étape vers la justice pour les victimes de vandalisme, rappelant l'impact économique et patrimonial de l'éclatement social, où les entreprises ont subi des pertes sans que les auteurs en supportent les coûts. Bien qu'il ne s'agisse pas du seul cas en cours, il met en évidence la nécessité de compenser ceux dont les droits fondamentaux ont été violés.