Débat sur l'accès aux armes non létales pour l'autodéfense des femmes à São Paulo

Deux chroniqueurs de Folha débattent si faciliter l'accès au gaz poivre et aux tasers aide à l'autodéfense des femmes contre la violence à São Paulo. Un député soutient un projet de loi pour réglementer les ventes, tandis qu'une avocate argue qu'il ne traite pas les causes profondes. La discussion intervient au milieu d'une hausse des féminicides dans l'État.

Le 5 décembre 2025, Folha de S.Paulo a publié deux tribunes opposées sur la facilitation de l'accès aux armes non létales comme le gaz poivre et les tasers pour l'autodéfense des femmes à São Paulo. Le député estadual Enio Tatto (PDT-SP), auteur du projet de loi 1.226/2025 à l'Assemblée législative de São Paulo (Alesp), défend la mesure comme une urgence morale. Le projet réglemente la commercialisation du gaz poivre, fixe les conditions de vente et le fournit gratuitement aux femmes munies d'ordonnances de protection, les coûts étant à la charge de l'agresseur. Il est actuellement à l'examen en commission Constitution, Justice et Rédaction de l'Alesp.

Tatto pointe la hausse des féminicides : 128 cas ont été enregistrés au premier semestre 2025 dans les commissariats de défense des femmes (DDMs) de São Paulo, en augmentation par rapport à l'année précédente, avec une moyenne de 21 femmes tuées par mois. Il partage son expérience personnelle en tant que frère de l'avocate Mércia Nakashima, assassinée par son ex-petit ami en 2010, et argue que le spray offre des 'précieuses secondes' aux victimes pour s'échapper ou chercher de l'aide, sans remplacer les politiques structurelles. À Rio de Janeiro, une loi similaire autorise déjà les ventes en pharmacie.

À l'inverse, l'avocate Bruna Pinheiro, cofondatrice de la Rede Feminista de Juristas et coordinatrice de Me Too Brasil, rétorque que de telles armes ne constituent pas une politique publique efficace. Elle critique le populisme pénal pour ses 'fausses promesses' et note qu'elles ne traitent pas les racines de la violence, ignorent les réactions traumatiques comme la paralysie, minimisent la responsabilité de l'État et blâment la victime. Pinheiro cite un latrocínio de novembre 2025 à São Paulo où une femme de 20 ans a été tuée après avoir utilisé du spray lors d'un vol. Par ailleurs, le gouverneur Tarcísio de Freitas (Republicanos) a réduit de 54,4 % le budget de la Secrétariat aux Politiques pour les Femmes pour 2026, passant de R$16.508.889 à seulement R$1.639.935 pour les actions directes contre la violence.

Les deux camps s'accordent sur la gravité de la violence domestique et des féminicides, mais divergent sur les solutions simples face aux approches complexes, fondées sur la science et investies par l'État.

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