Le débat sur la classification des factions criminelles comme terroristes prend de l'ampleur au Brésil

Une opération de police à Rio de Janeiro ayant fait 121 morts a relancé le débat sur la classification de factions comme le PCC et le CV comme groupes terroristes. Un projet de loi à la Chambre des députés, déjà approuvé en commission, propose des peines plus sévères pour les membres de ces organisations. Les pays voisins ont renforcé leurs frontières en réponse à l'incident.

L'opération contre le Comando Vermelho dans les complexes de Penha et Alemão à Rio de Janeiro s'est terminée avec 121 morts, dont quatre policiers, relançant les discussions sur la classification des organisations criminelles brésiliennes comme terroristes. L'incident a incité l'Argentine et le Paraguay à renforcer la surveillance aux frontières avec le Brésil et à déclarer qu'ils considèreront le PCC (Primeiro Comando da Capital) et le CV (Comando Vermelho) comme des groupes terroristes pour prévenir les fuites criminelles.

La principale différence entre une organisation criminelle et une organisation terroriste réside dans la motivation : la première cherche des avantages économiques, tandis que la seconde agit pour des motifs politiques ou idéologiques. Début septembre, la Commission de la sécurité publique de la Chambre a approuvé le projet de loi du député Danilo Forte (União-CE), assimilant factions et milices à des terroristes. La proposition passe maintenant à la Commission de la Constitution et de la Justice (CCJ).

Actuellement, la loi sur les organisations criminelles (loi n° 12.850) prévoit des peines de trois à huit ans pour association, nécessitant un minimum de quatre membres. La loi antiterroriste (loi n° 13.260, de 2016 sous le gouvernement de Dilma Rousseff) impose des peines de 12 à 30 ans, même pour des individus isolés, en régime fermé, couvrant des actes de soutien comme le financement ou la promotion.

Des gouverneurs de droite, comme Cláudio Castro (PL-RJ), qualifient les factions de « narcoterroristes ». Le gouvernement Lula résiste à cette classification par crainte d'interventions étrangères similaires à celles menacées par Donald Trump. Les États-Unis désignent déjà des groupes comme le Tren de Aragua du Venezuela et les cartels mexicains de Jalisco et de Sinaloa comme terroristes, et bombardent des navires dans les Caraïbes utilisés pour le trafic de drogue. La ministre Gleisi Hoffmann a critiqué : « Les gouverneurs de droite, représentés par Ronaldo Caiado, investissent dans la division politique et veulent placer le Brésil sur le radar de l'interventionnisme militaire de Donald Trump en Amérique latine ».

Le rapporteur du projet sera Guilherme Derrite (PL), secrétaire à la Sécurité de São Paulo en congé, remplaçant Nikolas Ferreira (PL-MG) et pré-candidat au Sénat en 2026.

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