Le Premier ministre Mostafa Madbuly a annoncé le lancement cette année de l’initiative présidentielle Abwab al-Kheir, visant à assurer la sécurité alimentaire aux communautés les plus vulnérables pendant le Ramadan grâce à des boîtes de nourriture sèche et des repas chauds.
L’initiative Abwab al-Kheir, lancée en 2024 et organisée par le Fonds Tahya Masr et le ministère de la Solidarité sociale, vise à préparer plus de quatre millions de repas chauds via les cuisines du fonds et les cuisines Al-Mahrousa affiliées au ministère, ainsi qu’à distribuer plus de 5,5 millions de boîtes de nourriture sèche par le biais de convois dans les gouvernorats. Les bénéficiaires incluent plus de 9 000 travailleurs d’assistance, de sécurité et de maintenance dans la Nouvelle Capitale administrative. nnL’annonce intervient alors que le taux de pauvreté s’élevait à 34 % en 2022, en hausse de 4,3 % par rapport à 2021, affectant plus de 36 millions de personnes en pauvreté et six millions en pauvreté extrême sur une population dépassant 104 millions, selon les données de CAPMAS. Alors que les dépenses de l’État pour la protection sociale diminuent, l’initiative soulève des questions sur le rôle de l’État dans les œuvres caritatives. nnLe Fonds Tahya Masr, créé en 2014 sous supervision présidentielle, gère les dons sans contrôle public et s’engage dans des activités d’investissement. Les œuvres caritatives ont fait face à des restrictions croissantes, marquées par la Coalition nationale pour les travaux civils de 2022, avec des rapports faisant état de limites à l’aide pour les Gazaouis en Égypte ou aux infrastructures en Haute-Égypte. Une source du secteur caritatif a déclaré : « Ils peuvent arrêter n’importe quel travail de différentes manières ; outils doux, outils durs. » nnLa chercheuse indépendante Salma Hussein souligne la nécessité d’une coordination entre les entités pour atteindre les plus vulnérables, mais note que la collecte de données est souvent liée à des partis politiques alignés sur le gouvernement, menant à la corruption et au népotisme. Elle décrit l’initiative comme une aide temporaire qui répond à la faim immédiate mais ne garantit pas la sécurité alimentaire à long terme, servant de complément aux programmes de protection sociale. Certains experts préfèrent les boîtes alimentaires à l’argent liquide pendant le Ramadan pour en assurer une utilisation efficace. nnL’initiative fait suite à un paquet de soutien social de 40 milliards de LE annoncé avant le Ramadan, reflétant un virage vers l’assistance en espèces plutôt que les subventions en nature.