L'assemblée nationale adopte un texte pour nationaliser ArcelorMittal

L'Assemblée nationale a adopté jeudi 27 novembre une proposition de loi de La France insoumise visant à nationaliser les sites français d'ArcelorMittal. Ce texte, porté par la députée Aurélie Trouvé, répond à un plan social annoncé en avril et cherche à relancer la décarbonation des installations. Son adoption, à portée symbolique, risque de s'enliser au Sénat.

Le 27 novembre 2025, au terme de débats nocturnes lors de la niche parlementaire réservée à La France insoumise (LFI), l'Assemblée nationale a approuvé en première lecture une proposition de loi visant à nationaliser les activités françaises du géant de l'acier ArcelorMittal. Ce texte cible une quarantaine de sites dans l'Hexagone, dont les aciéries majeures de Dunkerque (Nord) et de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Portée par la députée Aurélie Trouvé (Seine-Saint-Denis), l'initiative a été adoptée en commission des affaires sociales le 19 novembre grâce à l'unité de la gauche et à l'abstention du Rassemblement national (RN).

Le vote final s'est soldé par 128 voix pour et 40 contre. La gauche a soutenu le projet, tandis que l'extrême droite s'est abstenue et le camp gouvernemental, peu mobilisé, a voté contre. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, a salué une «victoire historique». Soutenue par une partie de la gauche et plusieurs syndicats, cette mesure vise à contrer le plan social annoncé par ArcelorMittal en avril, à relancer la décarbonation des hauts-fourneaux et à éviter une délocalisation potentielle dans un secteur en crise face à la concurrence chinoise.

Cependant, le processus reste complexe. Rémy Blain, avocat associé au cabinet Addleshaw Goddard, décrit la nationalisation comme «une procédure juridique extrêmement agressive», soulignant que la propriété privée est en principe inviolable en France. Alors que l'État peine à boucler son budget 2026, l'opération impliquerait des investissements colossaux et une valorisation incertaine du groupe, qui dégage des profits globaux mais où l'Europe apparaît comme un maillon faible. À portée avant tout symbolique, le texte devrait rencontrer l'opposition de la droite au Sénat, prochaine étape de la navette législative.

Ce site utilise des cookies

Nous utilisons des cookies pour l'analyse afin d'améliorer notre site. Lisez notre politique de confidentialité pour plus d'informations.
Refuser