Les maires de France, considérés comme les élus de cœur des Français, expriment un sentiment croissant d'impuissance lors de leur congrès annuel à Paris. Du 17 au 20 novembre 2025, environ 12 000 congressistes se réunissent pour discuter des défis posés par la centralisation et la montée des intercommunalités. À l'approche des élections municipales de 2026, ils dénoncent une dépossession de leurs pouvoirs locaux.
Les élections municipales sont souvent présentées comme le scrutin le plus important en France, au même titre que l'élection présidentielle. Elles incarnent la démocratie de proximité, permettant de désigner le maire, cet élu de cœur des Français. Le congrès des maires, qui s'ouvre le lundi 17 novembre 2025 à Paris et se prolonge jusqu'au 20 novembre, revêt des allures de grand-messe politique. À quelques mois des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, l'événement attire 12 000 congressistes, 400 journalistes accrédités, 60 événements organisés et une dizaine de ministres, dont le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Pourtant, de nombreux maires se disent impuissants face à l'évolution du paysage administratif. Depuis 2017, l'État proclame une décentralisation mais agit à l'inverse, en supprimant les impôts locaux et en multipliant des injonctions contradictoires. Le poids croissant des normes entrave leurs initiatives. Surtout, la montée en puissance des intercommunalités – ou « comcom » pour communautés de communes – les dépossède de la majeure partie de leurs décisions.
Un maire de la Haute-Saône, interrogé récemment sur sa commune, s'en plaint : « On est en train de tout transférer aux “comcom”. Il me reste l’eau, les forêts et les emmerdes. On vide la substance de nos communes. À terme, elles vont mourir. On va devenir des villes fantômes le jour et des villes-dortoirs la nuit. » Un autre ajoute : « Si on n’est là que pour le cimetière et la divagation des chiens, ça sert à quoi d’être maire ? » Ces témoignages illustrent un malaise profond chez les élus locaux, qui craignent pour la vitalité des communes face à cette recentralisation déguisée.