Le Tribunal supérieur de justice de Galice a rejeté les appels d'un couple condamné à près de 54 ans de prison pour exploitation sexuelle de femmes migrantes paraguayennes. Les accusés recrutaient des victimes vulnérables, finançaient leurs voyages en Espagne et les forçaient à se prostituer pour rembourser des dettes. Le jugement confirme sept chefs d'accusation de trafic d'êtres humains et des charges connexes.
La deuxième section du Tribunal provincial de La Corogne a initialement condamné chaque membre du couple à 53 ans et 11 mois de prison en tant qu'auteurs d'un délit contre la santé publique pour trafic de drogues hautement nocives, d'une infraction continue d'immigration illégale, et de sept infractions de trafic d'êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle, en conjunction avec l'exploitation sexuelle.
Les condamnés ont fait appel, invoquant une violation du droit à un procès équitable avec garanties et à la défense, arguant que la sentence reposait sur le témoignage d'un témoin protégé dont l'identité n'avait pas été divulguée, empêchant la vérification de ses déclarations. Le Tribunal supérieur de justice de Galice (TSXG) a rejeté ces allégations, notant que la plupart des témoignages sont « révélateurs » de la manière dont le couple recrutait des victimes au Paraguay dans des situations de « besoin évident et même de désespoir », finançait leurs voyages et imposait des conditions de prostitution.
Le tribunal supérieur a mis en lumière des détails tels que les restrictions sur les sorties et l'utilisation des téléphones portables, l'obligation de fournir aux clients du Viagra et de la cocaïne, et l'incompatibilité de ces pratiques avec des « conditions de vie dignes, libres et indépendantes ». Il a également vérifié la vulnérabilité des jeunes femmes étrangères sans régularisation, sans soutien économique ou familial, favorisant l'isolement et la peur.
L'activité a eu lieu au moins depuis 2019 dans des appartements à Ferrol et Narón (La Corogne), où ils obtenaient des bénéfices économiques par l'exploitation. Ils bénéficiaient de la collaboration quotidienne d'une femme arrivée de Séville en novembre 2021, condamnée à 25 ans pour trafic de drogue et sept infractions d'exploitation de la prostitution. Les victimes devaient rembourser entre 5 000 et 7 000 euros, souvent sans connaître la durée exacte du remboursement, par des services sexuels intensifs.
Le TSXG a également reconnu le droit d'une victime à recevoir un revenu d'insertion.