Une lettre du 21 avril, jusqu'alors inédite, émanant du directeur par intérim de l'ICE de l'époque, Todd Lyons, précise que l'agence peut collecter des « informations biographiques et biométriques essentielles » lors de rencontres liées à des violations présumées de la loi, même en l'absence d'arrestation. Selon NPR, cette lettre rejette également les allégations selon lesquelles l'ICE ou le DHS maintiendraient une base de données distincte et autonome sur les manifestants ou les « terroristes nationaux ».
Dans une lettre datée du 21 avril envoyée à des membres du Congrès, le directeur par intérim de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) de l'époque, Todd Lyons, a déclaré que l'ICE recueille des « informations biographiques et biométriques essentielles ainsi que des détails contextuels » lors de rencontres liées à des violations présumées de la loi, y compris les allégations d'entrave aux opérations de l'ICE ou les préoccupations concernant la sécurité des agents. M. Lyons a également écrit que si les personnes interagissant avec les agents de l'ICE ne sont « ni arrêtées ni détenues », toute information recueillie est conservée en tant que dossier officiel du gouvernement « conformément à la législation applicable ainsi qu'aux politiques du Department of Homeland Security (DHS) et de l'ICE », selon NPR, qui a indiqué être la première organisation de presse à avoir consulté ce document. La lettre a été envoyée en réponse aux questions du représentant Maxwell Frost (démocrate de Floride) et de 11 autres législateurs démocrates, qui avaient écrit au DHS en février pour demander des précisions sur les informations collectées par le département concernant les manifestants et les observateurs. Dans le même temps, M. Lyons a nié que l'ICE tienne une « base de données des manifestants » et a déclaré que le DHS ne créait ni ne gérait de « base de données distincte et autonome » sur les individus rencontrés mais non arrêtés ou détenus. Des défenseurs des libertés civiles ont déclaré à NPR que cette lettre constitue l'une des reconnaissances publiques les plus claires de la part de hauts responsables de l'immigration que le gouvernement pourrait collecter et conserver des informations sur les manifestants et les « observateurs légaux », même lorsqu'aucune arrestation n'a lieu. JoAnna Suriani, avocate au sein de l'organisation à but non lucratif Protect Democracy, a affirmé que la lettre indique que l'ICE collecte et conserve sciemment des dossiers officiels sur des personnes dont ses agents prétendent qu'elles pourraient entraver leur travail ou menacer leur sécurité. Cette révélation survient dans le cadre d'un procès fédéral dans le Maine, intenté au nom d'observateurs de l'application des lois sur l'immigration qui allèguent que des agents ont violé leurs droits au titre du premier amendement en enregistrant les visages et les plaques d'immatriculation des observateurs et en les intimidant avec la menace d'être ajoutés à une base de données sur le « terrorisme intérieur ». Le DHS a nié gérer une base de données sur les terroristes nationaux, déclarant à NPR dans un rapport précédent qu'il n'existe « AUCUNE base de données sur les « terroristes nationaux » gérée par le DHS ». Le DHS a affirmé qu'il enquêtait sur les menaces et les interférences visant ses agents, tout en soutenant qu'il n'exploitait pas de base de données autonome sur le terrorisme intérieur. Certains experts juridiques et technologiques interrogés par NPR ont fait valoir que, même si aucune base de données distincte n'existe, les informations recueillies lors de rencontres liées à des manifestations pourraient toujours être conservées dans les systèmes gouvernementaux existants.