Dans l'Yonne, la ville de Joigny, comptant 9 000 habitants, a perdu plus de 500 emplois publics en vingt ans en raison de la politique de rationalisation de l'État. Les secteurs de la santé, de l'éducation, des impôts et de la justice sont particulièrement touchés, alimentant une rancœur croissante parmi la population. Un rapport du Sénat de 2011 l'a qualifiée de « ville martyre » de la révision générale des politiques publiques.
Joigny, ancienne sous-préfecture de l'Yonne, présente un visage charmant avec ses ruelles médiévales, le château des comtes de Gondi et les vignes environnantes. Pourtant, sous cette apparence idyllique, la ville subit les effets d'un plan social massif dans le secteur public. Au carrefour d'une départementale, une banderole proclame « Joigny cherche médecin », tandis qu'une école sur la butte surplombant la vieille ville arbore un calicot affirmant « Non à la fermeture de classe ».
Depuis vingt ans, la plupart des administrations nationales ont fermé leurs guichets dans cette commune de 9 000 habitants, entraînant une saignée de plus de 500 fonctionnaires. Cette politique de rationalisation menée par l'État a touché tous les domaines essentiels : la santé manque de praticiens, l'éducation risque la suppression de classes, les services fiscaux et judiciaires ont été rationalisés. En 2011, un rapport du Sénat avait déjà identifié Joigny comme une « ville martyre de la RGPP » (révision générale des politiques publiques), soulignant l'ampleur des fermetures répétées.
Ces pertes d'emplois et de services nourrissent une rancœur grandissante chez les habitants, qui voient leur quotidien se dégrader sous le soleil hivernal de décembre. La ville, au cœur de la France rurale, illustre les conséquences des réformes administratives sur les territoires les plus vulnérables.