Le gouvernement français a tenu une réunion d'urgence à l'Élysée le 18 novembre 2025 pour renforcer la lutte contre le narcotrafic après l'assassinat de Mehdi Kessaci, frère d'un militant antidrogue, qualifié de 'crime d'intimidation'. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a souligné que les trafiquants réagissent aux coups portés par les forces de l'ordre. Emmanuel Macron prévoit une visite à Marseille mi-décembre.
Le 13 novembre 2025, Mehdi Kessaci, jeune frère du militant écologiste Amine Kessaci engagé contre le narcobanditisme, a été abattu par balle à Marseille. Le procureur Nicolas Bessone n'a pas exclu un 'assassinat d'avertissement', et le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a qualifié l'acte de 'crime d'intimidation' lors d'une réunion à l'Élysée le 18 novembre matin. Cette session, présidée par Emmanuel Macron en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu et de ministres comme Gérald Darmanin (Justice), Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères) et Amélie de Montchalin (Comptes publics), visait à accélérer la mise en œuvre de la loi narcotrafic promulguée en juin 2025.
Nuñez a expliqué que 'les trafiquants sont de plus en plus à cran à cause des actions que nous menons' et que ce meurtre représente 'un véritable point de bascule'. Il a insisté : 'S'il n'y avait pas de consommateurs, il n'y aurait pas tout ça, tous ces drames, tous ces crimes, tous ces trafics.' Lecornu a évoqué 'un énorme défi de société' nécessitant 'une forme d'unité nationale', s'inspirant de la lutte réussie contre le terrorisme.
À Berlin le même jour, Macron a déclaré qu'«acheter de la cocaïne ou du cannabis» signifie «de fait être complice et donner du financement à des réseaux de criminalité organisée». Il a plaidé pour une approche 'totalement intégrée, qui va du local à l'international', comparant l'effort requis à celui contre le terrorisme : «Ce qui a été fait, et même réussi, dans la lutte contre le terrorisme, nous devons le faire sur le narcotrafic.»
L'avocat de la famille Kessaci, Mathieu Croizet, a réagi : «Les grands effets d'annonce, c'est bien, les moyens concrets, c'est mieux», pointant le manque de 30 magistrats à Marseille. Les obsèques de Mehdi se sont déroulées l'après-midi du 18 novembre sous protection policière, près du lieu d'un autre homicide : un homme de 48 ans tué par quatre balles dans le quartier des Olives. Une marche blanche est prévue ce week-end. La loi prévoit la création du Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) le 1er janvier 2026. Macron rendra visite à Marseille mi-décembre pour un nouveau point.