Un mois après le cambriolage spectaculaire au musée du Louvre, le quatrième membre présumé du commando a été interpellé ce mardi 25 novembre, avec trois autres suspects. Parallèlement, un audit de sûreté de 2018 identifiait déjà le balcon utilisé comme un point majeur de vulnérabilité. Les bijoux volés, d'une valeur estimée à 88 millions d'euros, restent introuvables.
Le 19 octobre 2025, vers 9h30, quatre malfaiteurs cagoulés et vêtus de gilets de haute visibilité ont utilisé un véhicule à nacelle volé le 10 octobre pour accéder au balcon de la galerie d'Apollon du Louvre, quai François-Mitterrand. En sept à huit minutes, ils ont fracturé des vitrines à la disqueuse et dérobé huit joyaux du XIXe siècle, trésors nationaux dont le diadème de l'impératrice Eugénie orné de près de 2000 diamants. Ils ont fui sur deux scooters vers l'autoroute A6, laissant tomber la couronne d'Eugénie endommagée. Le musée a été fermé les 19 et 20 octobre, les visiteurs confinés puis évacués. Interpol a ajouté les bijoux à sa base de données d'œuvres volées.
Un audit de sûreté commandé en 2018 par l'ancien directeur Jean-Luc Martinez à la direction sécurité de Van Cleef & Arpels qualifiait déjà ce balcon de «l’un des plus grands points de vulnérabilité de l’établissement». Accompagné d'une infographie le cerclant et notant sa facilité d'accès, le document évoquait l'hypothèse d'une nacelle par des «cambrioleurs aguerris» et soulignait que les caméras proches ne le couvraient pas totalement. La direction actuelle du Louvre, sous Laurence des Cars arrivée en 2021, n'en a eu connaissance qu'après le vol ; les documents n'avaient pas été transmis lors du changement de direction. Le rapport a été envoyé à l'inspection générale des affaires culturelles.
L'enquête de la brigade de répression du banditisme (BRB) a conduit à plusieurs arrestations. Le 25 octobre, Abdoulaye N., 39 ans d'Aubervilliers (surnommé «Doudou Cross Bitume», chauffeur de taxi clandestin, condamné pour vols aggravés en 2008 et 2014), et Ayed G., 35 ans algérien d'Aubervilliers (livreur, casier pour délits routiers et vol), ont été interpellés ; leur ADN a été retrouvé sur place. Abdoulaye N. a reconnu les faits «sur commande d’individus non identifiés». Le 29 octobre, Slimane K., 37 ans de Seine-Saint-Denis (11 condamnations pour délinquance routière, violences et vols aggravés, impliqué avec Abdoulaye N. en 2015), a été arrêté, son ADN sur la nacelle.
Ce 25 novembre, le quatrième membre présumé, originaire d'Aubervilliers et arrêté à Laval (Mayenne) en déplacement professionnel, a été placé en garde à vue pour «vol en bande organisée» et «association de malfaiteurs», avec trois autres suspects : un homme de 39 ans et deux femmes de 31 et 40 ans, tous de la région parisienne. La procureure Laure Beccuau note des profils de «délinquance polymorphe» de proximité en Seine-Saint-Denis, montant vite en criminalité organisée. Laurence des Cars a reconnu des «défaillances» le 22 octobre et annoncé des mesures d'urgence, dont 100 caméras supplémentaires d'ici fin 2026 et un poste de police mobile. Un rapport de la Cour des comptes du 6 novembre critique la gestion du Louvre, évaluant le projet de rénovation à 1,15 milliard d'euros. Les bijoux, invendables, demeurent introuvables.