Macron précise sa proposition de labellisation des médias face aux critiques

Emmanuel Macron a répliqué aux attaques des médias Bolloré sur son plaidoyer pour labelliser les sources d'information respectant une déontologie, afin de lutter contre les fake news. La chaîne CNews et Le Journal du dimanche ont dénoncé une dérive autoritaire, tandis que le président a démenti toute intention de créer un label d'État ou un ministère de la vérité. Ce débat s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes à dix-huit mois de la présidentielle.

Le 30 novembre, les médias du groupe Bolloré, suivis par l'extrême droite et une partie de la droite, ont lancé une offensive contre Emmanuel Macron après son invitation à « labelliser » les sites et réseaux produisant de l'information selon des règles déontologiques, pour les distinguer des propagateurs de fake news. Ils ont dénoncé une « dérive liberticide » et une menace sur le « free speech », reprenant des arguments trumpistes et accusant le président d'une « dérive autoritaire ».

Le 1er décembre, dans une vidéo postée sur X, l'Élysée a ironisé : « Pravda ? Ministère de la vérité ? Quand parler de lutte contre la désinformation suscite la désinformation… ». Le matin même, Pascal Praud, animateur de CNews et Europe 1, avait critiqué dans son éditorial « la tentation autoritaire d’un président mécontent du traitement médiatique et qui souhaite imposer un récit ». La veille, Le Journal du dimanche titrait en une : « Emmanuel Macron : vers un contrôle de l’information », évoquant un « ministère de la vérité ».

Le 2 décembre, en conseil des ministres, Macron a démenti : « Le gouvernement ne va pas créer tel ou tel label destiné à la presse », et « encore moins de ministère de la vérité ». « Ce n’est pas, ce ne sera jamais son rôle de le faire », a-t-il ajouté.

Ce débat fait écho à l'intérêt ancien de Macron pour la lutte contre les fake news. En 2018, après des interférences russes pendant sa campagne, il a inspiré une loi promulguée le 22 décembre, créant un référé civil pour stopper les fausses informations trois mois avant un scrutin, bien que difficilement applicable. Il a aussi salué l'initiative Journalism Trust Initiative de Reporters sans frontières pour certifier les médias respectueux de la déontologie.

Cependant, Macron risque d'être perçu comme juge et partie, dans un contexte de relation tendue avec la presse depuis 2017, où il a limité l'accès des journalistes et privilégié ses propres canaux. Il a banalisé le rachat du JDD par Bolloré et courtisé Praud. À dix-huit mois d'une présidentielle inédite, sous menace d'algorithmes, ingérences et influence politique du groupe Bolloré, des questions réelles se posent sur les outils de riposte, l'éducation et l'esprit critique étant préférables à tout label institutionnel.

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