Le narcotrafiquant Ouaihid Ben Faïza rentre en prison après permission polémique

Ouaihid Ben Faïza, un narcotrafiquant condamné jusqu'en 2029, a regagné la prison de Vendin-le-Vieil le 24 novembre 2025 après une permission de sortie controversée accordée pour un entretien d'embauche. Cette décision judiciaire, malgré un avis défavorable du parquet, suscite l'indignation des syndicats pénitentiaires. Le ministère de la Justice confirme qu'il a respecté les horaires sans incident.

Ouaihid Ben Faïza, âgé de 52 ans et figure clé d'un vaste réseau de trafic de drogue en Seine-Saint-Denis, purge une peine jusqu'en 2029 à la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Incarcéré au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), il avait obtenu une permission de sortie le 24 novembre 2025, malgré l'avis défavorable du parquet de Béthune. Cette décision a été confirmée par la chambre d'application des peines de la cour d'appel de Douai.

Ben Faïza est sorti vers 7h40 pour un rendez-vous avec un employeur potentiel à Vaulx-en-Velin, dans l'agglomération lyonnaise. Il s'est engagé à rembourser une amende de 143 000 euros à raison de 50 euros par mois, un plan étalé sur 238 ans. Sans escorte, mais avec un dispositif de surveillance prévu, il est rentré en soirée avant 21 heures, comme l'a confirmé le ministère de la Justice : « Il a respecté les indications horaires de sa permission de sortir ».

Son avocate, Marie Violleau, a défendu cette sortie sur BFMTV : « Il n'est pas surveillé, il n'est pas escorté. Il va d'un point A à un point B pour préparer sa réinsertion ». Elle a critiqué l'affectation de son client au QLCO, qualifiant le scandale de cette mesure plutôt que de la permission elle-même.

La décision a provoqué une polémique, notamment chez les syndicats. David Lacroix, de FO Surveillants, s'est indigné : « Ici, c'est the place to be pour sortir ! ». Thomas Vaugrand, secrétaire général d'UFAP UNSa Justice dans les Hauts-de-France, a appelé au « bon sens », soulignant l'incohérence avec l'isolement des détenus QLCO. Des cas similaires, comme celui de Christophe Khider ou Rédoine Faïd, alimentent les tensions.

Face à cela, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé vouloir modifier les règles pour la criminalité organisée, en créant un juge spécialisé, similaire au terrorisme. Ben Faïza s'était déjà évadé en 2014 d'une prison de Villepinte avec un commando armé, restant en cavale deux semaines.

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