Oumar Ndiaye, âgé de 21 ans, a été condamné le 12 mars 2026 par la cour d’assises de la Manche à 30 ans de réclusion criminelle pour le viol avec torture ou acte de barbarie sur Mégane à Cherbourg en août 2023. La victime, grièvement blessée, avait frôlé la mort après l’agression. Le procès s’est tenu à huis clos à Coutances sur deux jours.
Le 4 août 2023, vers 8 heures du matin, Mégane, une femme de 29 ans vivant seule dans un immeuble du centre-ville de Cherbourg, a été agressée chez elle. Réveillée par des coups à la porte, elle a ouvert en pensant à un voisin égaré. Oumar Ndiaye, qu’elle avait vaguement aperçu mais ne connaissait pas, s’est jeté sur elle, l’a frappée au visage et sur le corps, puis l’a violée à plusieurs reprises, utilisant notamment un manche à balai de 75 centimètres. Avant de fuir, il lui a donné une fausse identité et l’a menacée : « Si tu parles, je te tue ». Ndiaye avait déjà frappé à sa porte sans raison quatre mois plus tôt.
Malgré ses blessures graves, Mégane, employée auprès de personnes handicapées, a envoyé un message à une collègue pour signaler son absence au travail, puis a appelé les pompiers. À l’hôpital, les médecins ont diagnostiqué une perforation du colon, de l’intestin grêle, du péritoine et du diaphragme, un pneumothorax, des fractures aux côtes et un risque élevé de choc septique. Opérée pendant six heures, elle a été plongée dans un coma artificiel d’environ un mois. Le personnel médical, choqué, a été ému aux larmes.
Ndiaye, alors âgé de 18 ans, a été interpellé une semaine plus tard chez sa mère à Cherbourg grâce à une empreinte digitale sur une porte de la victime et à la géolocalisation de son téléphone, qui le plaçait près d’une discothèque à proximité du domicile après une nuit dehors. En garde à vue, il n’a exprimé ni empathie ni remords, qualifié de « comportement de psychopathe » par une source proche du dossier.
Antécédents judiciaires : condamné cinq fois par la justice des mineurs pour vols et violences, avec une vidéo TikTok suggérant une violence sur une ex-petite amie. Des procédures pour viol sur mineur en 2019 (classée sans suite) et agression sexuelle sur sa sœur de 12 ans en 2022 (enquête en cours). Jamais incarcéré auparavant, il vivait chez sa mère, désœuvré, et était connu localement pour des comportements perturbateurs.
Mégane, sortie de l’hôpital, vit désormais chez sa mère, a subi plusieurs opérations, prend des antidépresseurs et suit un suivi psychologique. Elle souffre de cauchemars, de troubles de mémoire et évite de sortir seule, refusant de retourner à Cherbourg. Sa mère, Sandrine, déclarait en avril 2024 : « En commettant cet acte, il l’a privée de tout. Elle aimait le sport, elle ne peut plus en faire. Elle aimait son travail, elle ne peut plus y aller. [...] On la voit souffrir tous les jours. » Une cagnotte en ligne a récolté le soutien de 4500 donateurs. Le père, Ludovic, a regretté l’absence de soutien des autorités et des féministes, et n’a pas pu assister au procès sur demande de sa fille.