L'ancien président du gouvernement Mariano Rajoy et l'ex-secrétaire générale du PP María Dolores de Cospedal témoigneront ce jeudi dans le cadre du procès de l'Operación Kitchen à l'Audiencia Nacional de San Fernando de Henares. Rajoy ouvrira la séance, suivi par Cospedal, dans un contexte de restrictions imposées par le juge d'instruction Manuel García Castellón. Récemment, des témoins liés au PP ont fait état de pertes de mémoire.
Le procès de l'Operación Kitchen, qui enquête sur l'espionnage policier présumé dont a fait l'objet Luis Bárcenas afin de saisir des documents liés à la « caisse B » du PP, se poursuit à l'Audiencia Nacional. Ce jeudi, Mariano Rajoy témoignera en premier, ce qui constitue sa troisième comparution en ces lieux. María Dolores de Cospedal lui succédera, possiblement assistée d'un conseil juridique en raison de sa brève mise en cause antérieure, ce qui lui permet d'éviter de s'auto-incriminer.
Le juge Manuel García Castellón a écarté les indices pesant sur Rajoy et a limité l'enquête sur Cospedal à deux mois, rejetant les enregistrements et les notes de Villarejo. Le parquet anticorruption a dénoncé ce qu'il qualifie de « refus manifeste d'enquêter davantage », mais les recours ont échoué.
Lors des récentes audiences, l'inspecteur Gonzalo Fraga a associé les pseudonymes « El Asturiano » et « El Barbas » à Rajoy. Bárcenas a affirmé avoir remis à Rajoy une photocopie de la caisse B en 2010, laquelle aurait été détruite selon un enregistrement volé. Mardi, l'ex-mari de Cospedal, Ignacio López del Hierro, ainsi que le témoin Arturo González Panero, ont déclaré ne pas se souvenir de contacts avec Villarejo.
La présidente du tribunal, Teresa Palacios, a limité les questions concernant le PP et Cospedal, insistant sur le fait que « le PP n'est pas sur le banc des accusés ». Le ministère public cherche à clarifier les rôles malgré les obstacles.