Le Sénat plaide pour une réorganisation complète du Département des travaux publics et des autoroutes afin de juguler la corruption et de combler les failles des marchés publics suite aux récentes enquêtes de la commission Blue Ribbon.
Le projet de loi sénatorial 1835, déposé le 11 février par le président du Sénat Vicente Sotto III, vise à réduire considérablement les pouvoirs des bureaux d'ingénierie distritaux de DPWH, qui ont joué un rôle clé dans les schémas de corruption examinés dans des cas comme le bureau d'ingénierie du premier district de Bulacan. Le projet retirerait à ces bureaux distritaux leur autorité pour identifier les projets et mener les procédures d'appel d'offres, en transférant ces fonctions aux bureaux régionaux. Les bureaux distritaux seraient alors limités à des rôles de supervision, de surveillance et consultatifs pour renforcer la surveillance de terrain. Sotto a déclaré que cette refonte est nécessaire pour garantir la responsabilité dans l'une des agences gouvernementales les plus financées. Pour promouvoir la transparence, le projet impose la création d'une Équipe d'inspection des infrastructures, sans l'accord de laquelle aucun décaissement ou paiement aux entrepreneurs ne peut avoir lieu. Les inspections doivent également être diffusées en direct sur les chaînes officielles. De plus, une Unité des services de maintenance des infrastructures serait créée pour inspecter, évaluer et surveiller les projets achevés. Cette unité tiendrait une base de données centralisée et accessible au public permettant aux citoyens de suivre l'avancement des projets et leur financement. Au niveau national, le DPWH serait réorganisé par types de projets d'infrastructure clés pour décentraliser la préparation et la mise en œuvre. Le projet est prévu pour des délibérations en commission dans les prochaines semaines. Parallèlement, le secrétaire aux Travaux publics Vince Dizon a procédé à un remaniement au sein du DPWH, visant les postes d'ingénieur de district et d'assistant ingénieur de district dans le scandale des contrôles anti-inondations fantômes de l'année dernière. Des ordres spéciaux émis le 25 février ont réaffecté ou promu 24 officiers à des rôles d'ingénieur de district et 18 à des postes d'assistant dans les bureaux de Luzon et de la Région capitale nationale.