Les parlementaires socialistes ont confirmé leur opposition à une consultation anticipée des électeurs néo-calédoniens sur l'accord de Bougival, prévue pour le 15 mars 2026. Dans une lettre au Premier ministre, ils demandent la suspension de cette initiative, estimant qu'elle contourne l'absence de consensus. Leur soutien aurait pu être décisif pour ce projet gouvernemental.
Le 3 décembre 2025, les présidents des groupes socialistes au Sénat et à l'Assemblée nationale ont adressé une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu pour exiger la suspension de la consultation anticipée. Cette mesure, prévue pour le 15 mars 2026, vise à valider l'accord signé le 12 juillet à Bougival, dans les Yvelines, entre indépendantistes et non-indépendantistes sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.
Selon la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, un projet de loi sera déposé au Sénat en janvier 2026 pour organiser ce scrutin. Cependant, les socialistes soulignent que l'accord manque de consensus sur le territoire et qu'il n'existe pas de majorité parlementaire pour l'inscrire dans une loi constitutionnelle. Fin novembre, le député du Calvados Arthur Delaporte avait déjà exprimé de profondes réserves dans une interview au Monde, rejetant toute démarche de contournement.
Lors d'une réunion du groupe de contact sur la Nouvelle-Calédonie au Sénat, présidée par Gérard Larcher, les socialistes ont réaffirmé leur refus net. Sans leur appui, le gouvernement peine à avancer sur ce dossier sensible, qui oppose les forces indépendantistes et loyalistes depuis des années.