Le gouvernement espagnol, en coordination avec l'OMS, a autorisé le navire de croisière MV Hondius — bloqué au large du Cap-Vert après une épidémie de virus Hanta ayant fait trois morts — à accoster aux îles Canaries d'ici trois ou quatre jours. Trois passagers, dont un médecin gravement malade, seront évacués par avion en priorité pour recevoir des soins.
Le ministère espagnol de la Santé a annoncé mardi qu'à la suite d'un examen épidémiologique, le MV Hondius, qui compte 147 personnes à bord, arrivera aux îles Canaries, bien que le port exact reste à définir. Un protocole de sécurité OMS-ECDC empêchera tout contact avec la population locale lors de l'accostage.
Le Cap-Vert ne disposant pas des capacités nécessaires pour l'opération, les îles Canaries constituent le lieu approprié le plus proche. « L'Espagne a une obligation morale et juridique d'apporter son aide, notamment envers plusieurs ressortissants espagnols présents à bord », a déclaré le ministère. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exhorté le Premier ministre Pedro Sánchez, par le biais d'une lettre, à donner la priorité aux besoins humanitaires, à réduire la pression psychologique et à faciliter les opérations de désinfection.
L'Espagne a également accédé à une demande néerlandaise visant à évacuer aujourd'hui le médecin du navire, dans un état critique, vers les îles Canaries par avion médicalisé. Les plans initiaux visaient les Pays-Bas et l'Allemagne, mais la situation a évolué. Sur les 14 Espagnols à bord, cinq sont Catalans (tous en bonne santé), les autres étant originaires de Madrid, de Valence et de Galice.
Le président des îles Canaries, Fernando Clavijo, s'était initialement opposé à cette décision, privilégiant une prise en charge par le Cap-Vert, mais Madrid a tranché. L'épidémie a touché sept personnes (trois décès, un cas critique, trois cas légers), présentant des symptômes depuis le 6 avril, probablement contractés en Amérique du Sud, ce qui fait suite à des décès et des cas confirmés signalés précédemment.