Les moyens de subsistance traditionnels de Srinagar peinent face aux défis écologiques et de gouvernance

Srinagar, souvent appelée le paradis sur terre, fait face à l'affaiblissement de secteurs traditionnels comme l'horticulture, le tourisme et les métiers artisanaux après la dilution de l'article 370 en 2019. Les vulnérabilités écologiques, les perturbations de la chaîne d'approvisionnement et le fort chômage ont accentué la fragilité économique de la ville. Les changements de gouvernance et les modèles de développement capitalistiques déplacent les économies locales sans offrir d'alternatives durables.

Nichée dans la vallée himalayenne, Srinagar a longtemps dépendu de ses zones humides, lacs et montagnes pour les moyens de subsistance en horticulture, tourisme et artisanat. Cependant, l'expansion urbaine incontrôlée et l'étalement ont empiété sur ces éponges naturelles, amplifiant les risques d'inondation et augmentant les coûts de la vie, comme le notent des rapports locaux sur les égouts bouchés et la perte de zones humides.

La dilution de l'article 370 en août 2019 a entraîné des changements majeurs de gouvernance, incluant la fin du statut d'État, des pannes de communication et des couvre-feux qui ont perturbé les activités économiques. Une étude sur les entrepreneuses à Srinagar et Ganderbal met en lumière comment les restrictions réseau et les confinements ont entravé la commercialisation des artisanats et les liens clients, freinant le secteur privé. En mars 2025, plus de 32 000 postes gouvernementaux restent vacants, avec un chômage urbain à 11,8 %, des jeunes à 32 % et des femmes à 53,6 %.

Les secteurs clés ont souffert : l'horticulture, qui emploie plus de trois millions de personnes régionalement, a vu ses taux de croissance chuter et ses chaînes d'approvisionnement rompues après l'abrogation. En 2025, des glissements de terrain ont immobilisé plus de 800 camions de fruits, causant des pertes dépassant 200 crore ₹ en quelques jours. Le tourisme, présenté comme un moteur de relance, reste saisonnier et vulnérable, tandis que les métiers artisanaux font face à des pénuries de matières premières, des intermédiaires exploiteurs et des revenus quotidiens de 250–300 ₹ pour de nombreuses travailleuses. Ces perturbations ont même poussé des communautés marginalisées et transgenres vers la prostitution.

Les projets pilotés par le capital, comme l'initiative ville intelligente, privilégient souvent l'infrastructure aux besoins locaux, évincant vendeurs et espaces artisanaux tout en supprimant les zones vertes. Pour une reprise durable, les experts prônent la restauration écologique, un tourisme communautaire, un soutien institutionnel aux artisanats incluant marketing numérique et microfinance, et une gouvernance locale renforcée pour intégrer les économies traditionnelles.

Sans aborder ces failles —stress écologique, négligence politique et développement descendant—, Srinagar risque une fragilité accrue, comme l'affirme l'urbaniste Tikender Singh Panwar, ancien adjoint au maire de Shimla.

Ce site utilise des cookies

Nous utilisons des cookies pour l'analyse afin d'améliorer notre site. Lisez notre politique de confidentialité pour plus d'informations.
Refuser