À Dresde, le procès de huit prétendus membres des «Sächsische Separatisten» a commencé vendredi. Le parquet fédéral accuse le groupe de constitution d'une organisation terroriste. Les avocats de la défense ont vainement réclamé l'exclusion du public.
Le procès pour atteinte à la sûreté de l'État devant la cour d'appel supérieure de Dresde constitue la deuxième grande affaire contre un prétendu groupe terroriste d'extrême droite après le «Groupe de Freital». Soixante-sept jours d'audience sont prévus jusqu'à fin 2026. Les accusés, des hommes âgés de 22 à 26 ans, sont en détention provisoire depuis leur arrestation en novembre 2024. Ils ont été amenés menottés après des perquisitions policières à leurs domiciles, moins de trois mois après un entraînement paramilitaire mi-août 2024 sur l'ancien aéroport de Waldpolenz près de Leipzig. Là, ils auraient pratiqué le combat urbain pour s'emparer de villes en Saxe, selon l'acte d'accusation lu par le procureur fédéral Stephan Stolzhäuser. Le présumé chef Jörg S. aurait fondé le groupe en février 2020, à la suite d'un sondage dans un groupe Telegram préférant l'activisme militant au pacifique. Il a choisi quatre doigts tendus comme symbole, interprété comme une référence au Quatrième Reich. Trois accusés sont membres de l'AfD, dont le conseiller municipal de Grimma Kurt Hättasch, qui aurait adhéré en août 2022 et partagé ses connaissances militaires issues de son service à la Bundeswehr. Les avocats de la défense, dont l'avocat de Jörg S., Martin Kohlmann, ont vivement attaqué l'État : «Les terroristes sont assis là !» a crié Kohlmann en pointant les procureurs. «Les juges ne sont que des figurants ; les réalisateurs sont ailleurs.» Il a reconnu des plans pour un scénario catastrophe mais a insisté sur le fait qu'il s'agissait simplement d'une retraite vers un lieu sûr. L'accusation décrit des préparatifs pour le «Jour X» — un effondrement étatique anticipé — sans plan de coup d'État actif. Aucun arsenal d'armes n'a été trouvé malgré des fouilles dans la forêt de Planitz et sur des propriétés. Accusations spécifiques : Jörg S. prévoyait des pistolets-mitrailleurs imprimés en 3D ; son frère Jörn S. effectuait des marches d'endurance ; Karl K. produisait des vidéos de propagande avec des slogans comme «Hitler est notre prophète, notre race est Dieu» ; Norman T. s'est procuré des masques à gaz, des machettes et un fusil d'assaut. L'avocat de Hättasch, Till Weckmüller, a rejeté les charges et exigé des plaques nominatives pour les juges : «Ce que vous faites ici doit être documenté publiquement, avec noms et visages.» Dans le public se trouvait le député AfD Jörg Dornau, qui a critiqué les preuves sur Facebook : «Le raisonnement du parquet fédéral est erroné.» Hättasch lui a fait signe.